L'artisanat
On trouve plutôt de l'
artisanat étranger (Sénégal, Mali, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau...) car les capverdiens bien qu'ayant la fibre artistique, produisent peu. Vous trouverez néanmoins des
produits locaux : vannerie et chapeaux de Santiago, poteries de Boavista et Santiago, batik et tapisseries de Sao Vicente, des objets en coquillages, en céramique, en bois et en noix de coco sculptées. Les femmes, très actives au Cap Vert et grandes adeptes de la broderie, confectionnent des napperons et des parures de lit brodés ainsi que des sacs et des nappes.
N'achetez surtout pas les objets en écaille de tortue afin de ne pas cautionner le massacre des tortues menacées de disparition.
Si vous vous promenez vers Tarrafal, au nord de Santiago, allez visiter un luthier très connu, spécialisé dans la fabrication d'instruments de musique et notamment de percussions.
Au
centre artisanal de Mindelo situé sur la place principale de la ville, à São Vicente et le
'Centro d'Apoio a Produçao' à São Domingos, sur la route d'Assomada dans l'île de Santiago vous trouverez de belles productions locales.
A Boavista, allez à Rabil admirer les réalisations des potiers et si vous passez par São Nicolau offrez vous un des magnifiques chapeaux fabriqués par les artisans de cette île.
Pour
la peinture, les artistes de Mindelo sont incontournables, mais les prix restent très élevés. Les plus connus sont les frères Figueira, Tchalé et Manuel. Leur atelier situé sur le front de mer, face à la Tour de Belem, vaut le détour. Bela Duarte, Luisa Queiros, Leao Lopes, João Fortes, parmi une longue liste, développent leur propre style riche en couleurs. Les oeuvres sont exposés dans les centres culturels et au café Lisboa à la rua Lisboa, à Mindelo.
Prenez le temps d'admirer les fresques et sculptures de Ro et Nild, deux artistes dont vous trouverez l'atelier au quartier de Bela Vista.
Un petit détour à la
coopérative COOPATEC de Mindelo, située sur les hauteurs de l'Avenida Marginal. Tel 31 47 04, vous pourrez y acheter de très belles poteries.
La Musique et La Danse
Rythmées par les influences africaines, brésiliennes et européennes, musique et danse du Cap Vert sont un
véritable melting-pot qui vous transporte d'un continent à un autre sur une cadence langoureuse. Sur un tempo de Samba teinté de fado, les couples aux jambes entremêlées et aux joues collées, se déhanchent au son d'une
Funana et d'une
Coladeira, sorte de java des tropiques. Seule la
Morna, mélodie nostalgique, Blues de l'Atlantique, vous ramène à la dure période de l'exil des hommes et des amours perdus.
Les capverdiens, véritables latinos de l'atlantique, vivent avec leur passion, musique et danse, vitale pour leur équilibre.
Ici les prétextes pour faire la fête ne manquent pas et
n'importe quel objet peut servir d'instrument de musique : poubelle, verre, assiette, casserole ou bouteille que l'on martèle avec une cuillère, une fourchette ou un couteau métallique, boîte de conserve ou une cannette remplie de sable...Les capverdiens ne manquent pas d'ingéniosité quand il s'agit de faire la nouba et vous entraîner dans le tempo magique de leur île tout au long de la nuit.
Danse et musique, chantées en créole, sont toujours associées. Il en existe une variété.
La
Funana, originaire de Santiago l'Africaine, à un rythme très rapide et se danse collé serré comme la plupart des danses ici. C'est aussi une musique qui était interdite pendant la colonisation car les portugais y voyaient un outil de revendication.
Les Badius (originaires de Santiago) utilisent un mélange d'instruments modernes et traditionnels pour ce style de musique : guitare, gaïta (petit accordéon), ferrinho (morceau de ferraille que l'on gratte), batterie et congas.
On retrouve aussi ce rythme au Brésil, surnommé là -bas funganga, mais aussi au Portugal. Les stars de la Funana locale se nomment Finação, Bulimundo ou Ferro Gaïta.
La
Batuka, propre à Santiago également, se danse lors des fêtes populaires, des mariages et des baptêmes. Rythme purement africain apporté par les esclaves, on retrouve encore ses traces sur le continent, notamment en Angola. Chantée et dansée essentiellement par les femmes qui utilisent, en guise d'instruments et à la place des tambours (interdit par les colons qui voulait éviter toute forme de communication entre les esclaves), des morceaux de chiffons et de sacs plastiques tassés, formant la tchabeta. Quelquefois, des bidons vides font aussi l'affaire. Les femmes, assises sur un banc, placent la tchabeta entre leurs jambes et battent la cadence sur un rythme saccadée et très rapide. La chanteuse du groupe entame alors un chant qui semble être une complainte, repris en choeur par les autres femmes du groupe. C'est alors qu'entrent en scène des danseuses, les fesses cernées d'un pagne, balançant les hanches de chaque côté, au rythme très rapide de la tchabeta. Les danseuses se relaient, à tour de rôle, et quelquefois, les hommes peuvent participer à la danse. La plus populaire des chanteuses de batuka se nomme Naciâ Gómi.
La
Coladeira, bien cadencée, se danse à la traditionnelle, au risque de se faire chambrer par les nouvelles générations qui ont copié le zouk, ou d'une manière plus branchée, apprendre les pas un peu compliqué de la Passada originaire de l'Angola. Toujours collé serré et cadence endiablée. La Coladeira, c'est aussi une musique apparue en 1940 et dont les grands interprètes se nomment Bana, Césaria Evora, Luis Morais, Voz di Cabo Verde...
La
Morna, qui nous arrive de Boavista, date de 1800. Elle reste très mélancolique mais fait aussi référence à l'amour. C'est une complainte qui relate l'histoire d'un peuple dont les souffrances ont laissé des traces profondes dans leur vie.
Les influences dans cette musique sont multiples : en Angolaise avec le Lundum, au Portugal avec le fado très présent dans la musique capverdienne et en Argentine avec le tango très apprécié ici. Son interprète le plus populaire dans le monde reste aujourd'hui Cesaria Evora, la Diva aux pieds nus. Mais c'est surtout grâce à des artistes tels qu'Eugénio Tavares, natif de Brava, Arthur Vieira, B. Leza et Luis Rendall, que cette musique s'est popularisée et surtout a pris une teinte plus poétique. L'illustre et légendaire «Bana», installé aujourd'hui au Portugal, reste également un de ses plus grands interprètes.
Il existe d'autres genres de musiques et de danses, dont
la Mazurca, originaire de São Nicolau et populaire à Santo Antão,
la Cola Sanjon, qui se chante et se danse à l'extérieur des églises lors des messes de la Saint-Jean et de la Saint-Antoine,
la tabanka, que l'on retrouve aussi en Guinée Bissau, pour les défilés et la batucadeira d'inspiration brésilienne, chantée et dansée lors des carnavals.
la Littérature et la Peinture
Littérature
Elle a été avant tout orale, comme c'est le cas en Afrique dont elle recueille
une partie des coutumes. Elle est faite de chants, de récits, de contes, de légendes et de proverbes qui se transmettent par tradition, de famille en famille. Elle reflète le quotidien mais aussi le mode de vie de tout un peuple surtout rural. Elle s'exprime à travers la
Batuka, chant et danse originaire de Santiago, par les textes de la finaçon mais aussi les cérémonies qui suivent les naissances ou les décès, la médecine traditionnelle et les pratiques occultes.
Les écrits essentiellement en portugais, datent du XIXè siècle. Ils reprennent un
passé marqué par une existence difficile sous le signe de l'esclavage, la colonisation, la domination, la résistance, la répression, la sécheresse, la famine et un mode de vie typiquement créole avec en toile de fond l'émigration obligée d'une grande partie de la population, la libération et la reconstruction.
La littérature au Cap Vert a été marquée par un mouvement littéraire,
«Claridade», né d'une réflexion profonde sur l'origine et l'existence de la capverdianité.
Fondé en 1936 à Mindelo par quelques intellectuels dont Pédro Monteiro Cardoso et Eugénio Tavares ainsi que les poètes Jorge Barbosa, Manuel Lopes et Baltasar Lopes, ce mouvement s'illustre à travers une revue qui porte le même nom, et dont le fondement est la recherche et l'affirmation d'une identité nationale après des années de littérature portugaise. Ce mouvement était l'expression d'
une élite intellectuelle qui défendait les valeurs culturelles de l'archipel comme étant plutôt assimilées à la civilisation occidentale, omettant toute référence à l'Afrique, mère patrie des esclaves qui ont peuplés le Cap Vert.
Durant les années 60,
Orlando Ribeiro, Ilidio do Amaral, et Manuel Ferreira, un auteur portugais, réalisent une étude sociologique sur le Cap Vert sur laquelle ils font apparaître au grand jour le lien direct entre l'archipel et le continent africain.
De même,
Antonio Carreira, historien capverdien, à travers ses divers travaux de recherche sur l'esclavage au Cap Vert, resitue le principe de l'africanité de la société capverdienne dans son contexte.
Par la suite, de nombreux auteurs dont Amilcar Cabral, le leader de la libération, Onésimo Silveira, ancien maire de Mindelo et Dulce Almada Duarte vont également montrer que l'histoire du Cap vert est profondément liée à celle de l'Afrique.
Des auteurs tels que Antonio Auréli Gonçalvès, Texeira Da Sousa, Nelson E.Cabral, Germano Almeida et son roman 'Le Testament de M. Nopomuceno' porté à l'écran, permettent aujourd'hui de découvrir la littérature capverdienne.
Peinture
La peinture, la photo et le tissage, à travers des artistes qui ont pour noms Bela Duarte, les frères Figueira, Tchalé et Manuel, Luisa Queiros, Leao Lopes, Ron Barboza, apparaissent aujourd'hui dans des expositions en Europe, permettant de faire connaître la richesse et la beauté de l'art d'une archipel oubliée.
Les Traditions et Les Passe-temps
Les capverdiens sont
très joueurs et les
jeux de société sont une tradition chez eux. A tout moment de la journée, profitant d'une pause, pendant l'apéro du midi, le soir après le travail, le week end et pendant les veillées funèbres, car ici les morts sont veillés toute la nuit avant leur enterrement, le capverdien s'adonne à un jeux.
Jeux de dames, ouril (awalé), belote ou biska, pratiqué individuellement ou en équipe, mais aussi jeux d'échecs, sont très répandus et les plus pratiqués. On repère les groupes de joueurs aux attroupements très animés qu'ils provoquent, aux coins des rues ou dans les bars.
La
télévision et la
vidéo sont aussi très prisées par la population qui suit assidûment les telenovelas, feuilletons brésiliens dont raffolent surtout les femmes. Les hommes, pour leur part, préfèrent les matches de foot portugais qu'ils suivent l'oreille collée à un transistor. L'après match est aussi épique, avec des discussions - débats - commentaires si animés qu'on pourrait croire que cela se terminera en pugilat.
La
promenade du soir est aussi un rituel ici avant d'aller se coucher. Les gens se retrouvent sur les places principales des villes ou villages pour discuter et draguer.
Le Cinéma
En 1999 est créé le
1er festival des Rencontres internationales de cinéma au Cap-Vert. Le cinéma capverdien en est encore à ses premiers balbutiements, peu de grands métrages réalisés à ce jour. On citera le film de Leao Lopes, ancien ministre de la Culture et réalisateur aujourd'hui, 'Ilho de contento' premier long-métrage capverdien. Mindelo a servi de décor pour le film 'Nha Fala' de Flora Gomes.
le Théâtre
De nombreuses troupes font leur apparition grâce Ã
l'action de l'association Mindelact à Mindelo.
C'est le principal évènement théatral du Cap-Vert et actuellement le plus important de toute l'Afrique Lusophone.
Sa premiére edition s'est déroulée en 1995.
En 2005, il a été considéré comme le plus important de tout le continent Africain.
Durant le mois de Septembre, dans Mindelo, on peut assister à des spectacles, des échanges entre tous les participants, des actions de formation dans divers domaines artistiques liés au théatre, concertsainsi que des expositions de design et arts plastiques.
Et derniérement,un festival alternatif spécialement crée pour les enfants 'Teatrolandia'.