les Racines
Trois ethnies principales constituent les racines de la culture cubaine :
les aborigènes, qui ont perdu de leur influence lors de la colonisation,
les espagnols majoritaires et
les africains qui sont une minorité ethnique influencée elle-même par des origines et des cultures hétérogènes (yorubas, congos mandigas, bantús, carabalÃs).
Au fil du temps, ces trois cultures se sont rapprochées puis entremêlées pour parvenir à former la culture cubaine contemporaine.
la Musique
Rares sont les pays où la musique à une importance aussi considérable dans la société.
Elle est
omniprésente à Cuba, pratiquée à toute heure et à tous les âges, du nord au sud et d'est en ouest. La légende veut que les enfants cubains, connaissent les bases rythmiques de la musique locale, la Clave avant même de savoir marcher.
L'évolution et
le métissage des différentes cultures ont permis, d'associer d'une part, les tambours et les rythmes sacrés des
populations africaines, et d'autre part l'affection que portent
les espagnols pour la danse et pour la fête. D'autres
influences européennes (notamment françaises) sont venues s'associer par la suite, diversifiant encore plus les styles, les rythmes, les danses et les instruments.
De nombreuses danses et styles musicaux sont nés à Cuba et sont aujourd'hui connus dans le monde entier: on retrouve entre autres la rumba et ses trois danses différentes :
le 'són' cubano, qui désigne à la fois une musique, une danse populaire et une forme poétique,
la charanga (ou charanga francesa), et les 'incontournables' comme
le bolero, le mambo, le cha-cha-cha et bien sur la salsa.
L'hétérogénéité de la musique cubaine vient aussi du fait qu'elle emploie
une multitude d'instruments : certains d'origines africaines, comme le bongo (instrument omniprésent composé de deux petits tambours côte à côte) ou le conga (grand tambour), mais aussi d'autres d'invention cubaine, comme les claves (percussions réalisées avec les moyens du bord), la tumba (qui désigne le tambour ou la danse qui lui est associée), le tres (instrument en forme de petite guitare) ou encore les timbales (caisses claires réunies par deux).
Le Son, le Son montuno, le Cha Cha Cha, le Boléro, le Danzon, la Rumba retrouvent leurs lettres de noblesse. Ainsi réapparaissent
de grands noms de la musique cubaine que l'on avait oubliés : Ibrahim Ferrer, Familia Valera Miranda, Moré Benny, Chappotin Félix, Eliades Ochoa, Cachao, Adalberto Alvarez y su Son, Compay Segundo, Orquesta Aragon, Valle Orlando 'Maraca', Vieja Trova Santiaguera, Sierra Maestra, Portuondo Omara, Portabales Guillermo, Puebla Carlos ou encore La Sonora Mantancera,...
Des groupes tels que Los Van Van, Charanga Habanera, NG La Banda, El Medico de la Salsa, Paulito y su Elite, Isaac Delgado, Manolito y su Trabuco, Juan Carlos Alfonso y su Dan Den, Yakaré ont grandement contribués à l'essor de la Salsa dans le monde.
Les pointures légendaires de la Salsa :
BAUZA Mario - (28-4-1911/11-7-1993) Né Ã
La Havane, il s'installa à New York en 1930, où il rencontra Antonio Machin qui l'obligea à apprendre la trompette pour l'accompagner. En 1933, il fut le soliste de Chick Webb, un classique du swing et devint un trompettiste reconnu. Il contribua par la suite à la découverte d'Ella Fitzgerald. En 1938 il abandonna la Webb.
BLADES Ruben - Né au Panama le 16 juillet 1948, d'une mère cubaine chanteuse et actrice et d'un père né en Colombie mais qui a grandit au Panama. Ce dernier, qui porte le même nom que lui, était également musicien. Son grand père paternel était anglais, d'où l'origine de son nom. Artiste talentueux, Ruben Blades est compositeur, chanteur, acteur et politicien. Il fit des études de sciences politiques au Panama. Il donne à la salsa une dimension révolutionnaire (Tras la Tormenta, de 1995).
BOLA de NIEVE (Ignacio VILLA) - (11-8-1911 / 2-9-1971) Né à Guanabacoa.
CACHAO (Israël LOPEZ) - Né Ã
la Havane en 1918, c'est un artiste depuis petit. Il est à la fois bassiste, pianiste, arrangeur, compositeur, et chef d'orchestre. Il est issu d'une famille musicale de 35 bassistes qu'il ne connaît pas entièrement. A 9 ans il jouait des bongos dans un orchestre de bal. Il fera partie de l'orchestre symphonique de La Havane de 1931 à 1952. En 1937, il rentre dans l'Orquesta Las Maravillas de Arcano avec son frère Orestes Lopez et composera de nombreux danzones de ritmo nuevo. Il participe aussi aux prémisses des fameuses descargas.
CRUZ Célia - (1924 - 2003) L'une des plus grandes voix de la Salsa, une star internationale qu'on ne présente plus. Ses albums seront produits par les plus grands tels que Johnny Pacheco, Willie Colon, Papo Lucas et Ray Barreto. Elle chantera aussi avec les plus grandes stars latines dont Tito Puente et Oscar D'Leon. Elle accumule les Grammy Awards et autres récompenses internationales. Elle nous quitte en 2003 en laissant un héritage très riche qui continue à nous faire vibrer aux quatre coins du monde(La Vida es un Carnaval, La negra tiene tumbao, Azucar Negra etc...).
CHAPPOTIN Félix - (1907-1983) Né Ã
la Havane, il connaîtra le succès jusqu'a la fin des années 50, à la naissance des pachangas.
COLON Willie - Né dans le Bronx, à New York le 18 avril 1950, il commence à jouer de la trompette à l'âge de 12 ans avant de se lancer dans le trombone à 14 ans et de monter son premier groupe, Los Dandees. A 17 ans il enregistre son premier album qui rencontrera un immense succès, le propulsant ainsi dans le monde des vedettes de ce qui allait devenir très vite la Salsa.
GARAY Sindo (Guermesindo) - Né à Santiago de
Cuba le 12 Avril 1865, il décédera Ã
la Havane le 17 juillet 1968. Dès son enfance, il est immergé dans une atmosphère musicale qui lui permettra très vite de maîtriser la guitare et de créer ses premières compositions. Il parcourera de nombreux pays dont la France et plus particulièrement Paris, où il se produit en 1908. En revanche, il refusera de jouer aux Etats-Unis. Après sa mort, ses chansons sont devenues des références. Elles ont inspiré le style de la trova et influencent encore les plus grands noms de la musique cubaine comme Pablo Milanés.
IZQUIERDO Pedro 'Pello el Afrokan' -Né à La Havane le 7 janvier 1933 il décède le 11septembre 2000.
C'est un célèbre compositeur et percussionniste, créateur du rythme mozambique. En 1959, il créera un conjunto et deviendra professeur de percussion à l'Ecole d'enseignement artistique.
Le mozambique est si populaire qu'il devient l'attraction des carnavals à Cuba. Quatre ans durant, il sera animateur du programme télévisé 'Rythmes de jeunesse' à Cuba.
En 1965, il part en tournée en France (à l'Olympia) et parcourra l'Europe avec le Grand music-hall de Cuba. Il inspire de nombreux artistes comme Eddie Palmieri qui reprennent régulièrement ses chansons, notamment le fameux Maria Caracoles.
LAVOE Hector - Né à Puerto Rico le 30 septembre 1946, il meurt le 29 juillet 1993.
MACHIN Antonio - Né à Cuba, entre 1900 et 1911 il décédera à Madrid le 4 août 1977. Il s'exile à New York lors d'une tournée et formera un cuarteto avec qui il enregistrera de nombreux disques. Il contribuera énormément à la révélation de la musique cubaine à l'étranger.
MACHITO (Franck Gillo) (16-2-1912 / 15-4-1984). Né à Tampa (Floride) de père cubain, il grandit à la Havane. En 1938 il va à New York, où il rencontra son ami Mario BAUZA. Il dirigera jusqu'à sa mort un des plus grands orchestres de musique 'latin'.
MIRANDA Ismaël - Né à Puerto Rico le 5 octobre 1931, on le surnommait 'El sonero mayor y Maleo'. Grand ami de Rafaël CORTIJO. C'est sa grand-mère, avec qui il a grandi, qui l'a initié au chant. Il mourut le 13 mai 1987.
MORE Benny (Maximiliano Bartolomé MORE GUTIERREZ) - Né le 24 août 1919/1963 à Santa Isabel de Las Lajas Ã
Cuba, on le surnomme le 'Barbaro' (génie) du rythme et de la mélodie. C'est aussi un improvisateur inné. A 17 ans il débute en chantant lors des bals. Il meurt en 1963 mais reste encore adulé Ã
Cuba.
PINERO Ignacio - (21-5-1888 / 12-3-1969). Tout petit, il chante dans des choeurs d'enfants du quartier de Carraguao. Il rencontre MarÃa Teresa VERA qui, selon les dires, lui aurait appris la contrebasse. En 1926, il intègre le Sexteto de celle-ci. Après une tournée aux Etats-Unis il se joint au 'Sexteto Nacional' a peine créé.
En 1927, il enregistre à New York ses propres compositions dont 'Estas no son Cubanas' et 'Bu Bu Rum Barara ». Devenu directeur du groupe, il fait entrer un trompettiste et le groupe devient 'SEPTETO NACIONAL' en 1928. Il contribue à définir ce qui va devenir le Son traditionnel avec ses touches personnelles.
Son travail de compositeur est riche de 327 oeuvres.
PUEBLA Carlos - Né à Manzanillo à Cuba le 11-9-1917.
PUENTE Tito - Puerto Rico - Né en 1923 il meurt le 1er juin 2000. En 1963, il compose le tube 'Oye Como Va' qui va faire le tour du monde et qui sera repris et arrangé par Santana.
Ernesto 'Tito' PUENTES - Trompettiste, chef d'orchestre, compositeur et arrangeur, c'est l'un des plus grands ambassadeurs de la musique cubaine à Paris. Il dirige son propre orchestre : le 'Puentes Salsa Orchestra' composé de 20 musiciens. Il dote la salsa de différents rythmes afro-cubains et d'une consonance latin-jazz. Cela donne un style assez particulier à sa musique.
PRADO PEREZ Damaso - Excellent pianiste, il écrit plusieurs compositions qui exploitent et développent le mambo, la partie finale du danzón de nuevo ritmo au milieu des années quarante. En 1948 il décide de tenter sa chance au Mexique. Il abandonne la charanga pour une formation inspirée du big band, dont les bases sont les cuivres. PÉREZ PRADO compte en outre sur l'aide de la rumbera cubaine. Grâce au soutient de NINON SEVILLA, une cubaine installée à Mexico, créatrice d'une chorégraphie d'un genre nouveau qui triomphe sous le nom de Mambo il fait sa petite place. Il emploie le mot mambo dans la plupart des titres du moment 'Kuba Mambo', 'Mambo n° 5', 'Mambo n°8', 'Qué rico el Mambo', 'Go Go Mambo', 'Locas por el Mamb'...et conquiert ainsi le public.
RIVERA Ismael - né le 5 octobre 1931, à Santurce à Puerto Rico. Dès l'âge de 7 ans, on découvre ses talents de chanteur à travers des groupes qu'il monte avec des gamins du quartier, construisant les instruments à base de récupération. Il commence à jouer professionnellement à 15 ans.
Grâce à Cortijo il adhère au Conjunto Monterrey de Moncho Mulley où il est percussionniste.
Le 28 janvier 1954, il fonde avec une équipe, le Combo de Cortijo qui comptera parmi ses membres Rafael Cortijo, MartÃn Quiñones, Rafael Ithier, Miguel Cruz, Héctor Santos, Eddie 'La Bala' Pérez, Roy Rosario, Sammy Ayala, et Ismael Rivera.
En 1956, «El Barbaro del Ritmo » (Benny Moré), le surnomme 'El Sonero Mayor de Puerto Rico'. A 25 ans, Ismaël se fraie un passage au panthéon des stars de la musique Afro Caribéenne. A la fin des années cinquante, il côtoie sur scène Tito Puente et TitoRodriguez au Palladium. Face aux big bands de 15 à 20 musiciens jouant assis face à leurs partitions, le Combo et ses sept musiciens joue debout, sans partition. C'est un succès assuré qui prend fin en 1962. Au retour d'une tournée, Maelo et Cortijo sont arrêtés à l'aéroport par la police, pour soi-disant 'trafic' de drogue. La justice américaine jugera El Sonero Mayor coupable et il sera transféré dans une prison du Kentucky tellement sordide qu'elle sera baptisée Las Tumbas (les tombes).
RODRIGUEZ Arsenio (Ignacio Loyola Rodriguez Skull) - Né à Matanzas (Cuba) le 30 août 1911, il décèdera à Los Angeles 60 ans plus tard. Il est le principal artisan de la métamorphose du « son », auquel il associe piano, conga, et trompettes. Cela deviendra les « conjuntos ». Arsenio est aussi un des initiateur du mambo et auteur d'un rythme baptisé « Diablo ». Devenu accidentellement aveugle à l'age de 12 ans à cause du coup de sabot d'un âne, il sera surnommé 'El ciego maravilloso' (l'aveugle merveilleux).
RODRIGUEZ Tito (Pablo) - Il meurt en 1973 des suites d'une leucémie. De père dominicain et de mère cubaine, il conservera toute sa vie un grand amour pour son île d'origine qu'il mentionne régulièrement dans ses chansons. Des musiciens renommés, dont le bassiste Cachao, l'ont toujours accompagné.
SAQUITO Nico - Un des plus célèbres compositeur et musicien cubain. Il dirigea le quintette Cuban Stars, qui engageât notamment Compay Segundo dans les années trente.
VALDEZ Miguelito (Eugenio Lazaro Miguel Izquierdo VALDES) - Né à La Havane le 6 septembre 1912 il décèdera à Bogota en Colombie le 9 novembre 1978.
Chronologie de la musique cubaine :
1920 : 1ère émission radio. Rythmes afro-cubains Rumba et Conga. Création du Trio Matamoros à Santiago.
1930 : Le nombre de radios augmente fortement, on en dénombre 62, ce qui va favoriser le développement de la musique cubaine. Eclosion des jazz bands. Antonio Arcano crée «Mambo» d'Orestes Lopez, le premier danzon «Nuevo Ritmo». Création de l'Orquesta Aragon à Cienfuegos en 1939.
1940 : Apparition des conjuntos, une nouvelle forme d'orchestre, qui va séduire le public (groupe Sonora Mantecera et conjunto Casino). En 1947 c'est l'éclosion du Mambo avec «Qué rico el mambo», de Damaso Perez Prado. L'année suivante le joueur de congas de l'orchestre de Dizzy Gillespie, Chano Pozo, est abattu dans un bar de Harlem. 1949 : Enrique Jorrin enregistre le premier tube de cha-cha-cha « La Enganadora ».
1950 : Réveil des Jazz Bands dont le nombre croit considérablement. C'est aussi la naissance de la télévision.
1960 : En 1963, décès de Benny Moré, illustre chanteur cubain, et du compositeur Ernesto Lecuona, aux îles Canaries. La révolution modifie toutes les donnes. Les radios et télévisions sont nationalisées et c'est le début de l'exode (exodo farandulero qui signifie show-biz) pour de grands artistes comme Célia Cruz,Célio Gonzales, orquesta Aragon, la Sonora Mantancera et la Lupe. Carlos Pueblo, en hommage au Che, écrira en 1963 la célèbre chanson « Hasta Siempre Commandante ». Eduardo Davidson enregistre la Pachanga. Jerry Masucci, et Johnny Pacheco fondent le label Fania en 1964. En 1969, Juan Formell quitte l'Orquesta Revé et crée «Los Van Van».
1970 : Des artistes américains dont Stan Getz, Dizzy Gillespie et Dexter Gordon sont invités pour le Festival Havana Jam. Enregistrement de cinq albums des «Estrellas de Areito», sur le concept de la «Fania All Stars » de New York.
1980 : Création de la Timba, nouveau type de Salsa cubaine. José Luis Cortes fonde NG La Banda. L'Amérique Hispanophone adopte la grande vague Salsa. Le trompettiste Arturo Sandoval s'exile en Europe et obtient l'asile politique.
1990 : C'est l'ère du Papy Boom cubain avec le retour de la Vieja Trova Santiaguera et du Buena Vista Social Club qui s'enrichit de trois grandes pointures, Ruben Blades, Ibrahim Ferrer et Compay Segundo. C'est le triomphe du son des années trente avec la Trova Orientale et le Boléro. C'est aussi l'émergence de Giraldo Piloto et son groupe Klymax, Isaac Delgado, El Médico de la Salsa, la Charanga habanera, Manolito y su Trabuco...
la Littérature
Cuba est également célèbre pour ses nombreux écrivains, exilés ou non, qui ont marqué la littérature nationale et internationale.
La première oeuvre recensée et reconnue comme cubaine, 'el espejo de paciencia', écrite par
Silvestre de Balboa en 1605, dévoile la vie des créoles sous la colonisation.
Il faudra attendre le 19ème siècle et la naissance des premières tendances indépendantistes pour voir apparaître une vraie littérature cubaine. Un des plus illustres écrivains de cette époque,
José MartÃ, surnommé 'l'apôtre de l'indépendance', qui a connu l'exil aux Etats Unis à 16 ans, est l'auteur d'un certain nombre de poèmes célèbres.
D'autres poètes ou écrivains luttant également pour l'indépendance s'illustrent durant ce siècle, comme
José Maria Heredia y Heredia ou bien Cirilo Villaverde.
Au début du 20ème siècle, le courant littéraire est plutôt dirigé vers les origines africaines de la culture cubaine, ce que l'on a appelé 'le negrismo', avec l'apparition d'écrivains tels que
Lydia Cabrera, Alejo Carpentier mais aussi
Nicolás Guillén, qui se révèlera être par la suite un des plus emblématiques écrivains de la révolution.
On ne peut omettre de citer d'autres écrivains tels que José Lezama Lima, l'un des 'monstres sacrés' de la littérature cubaine,
Heberto Padilla, primé par l'UNEA en 1968, ou bien encore les 'éxilés' comme
Reinaldo Arenas Zoé Valdés...
la Peinture
Jusqu'au 20ème siècle, le style cubain était fortement influencé, voir imposé par les colonisateurs espagnols puis américains par la suite. Parmi le faible nombre de peintres s'étant illustrés durant cette période, on trouve
Juan Borrero, mort à l'âge de vingt ans,
Esteban Chartrand, ou encore
Leopoldo Romanach, célèbres pour leurs oeuvres représentant essentiellement des natures mortes.
A l'aube du 20ème siècle, on a pu assister à la naissance de nouveaux mouvements indépendants, créant ainsi un style véritablement cubain, comme par exemple
Victor Manuel, réputé comme être le précurseur du 'modernisme' dans l'art cubain.
Durant cette période, de nombreux artistes se sont illustrés; on retrouve par exemple
Eduardo Abuela ou encore
Jorge Arche mais surtout
Wilfredo Lam, tous inspirés et influencés par les mouvements cubistes et surréalistes, mêlant également à leurs peintures leurs racines afro-cubaines.
Wilfredo Lam rajoute à son style de peinture les fruits de son expérience passée en Europe auprès de grands comme Picasso ou André Breton.
Toujours à la même époque, d'autres artistes sont influencés par le mouvement expressionniste comme
René Portacarrero ou Carlos Enriquez, et d'autres par la vague artistique mexicaine tel
Amelia Pelaez, Antonia Eiriz ou Servando Cabrera.
Dans les années 60-70, l'art cubain est caractérisé par le mouvement révolutionnaire, qui a tendance à restreindre la conception de l'art et des artistes, ce qui poussera certains peintres à l'exil; le réalisme soviétique est très présent, toutefois de nombreuses écoles d'art sont ouvertes sur l'île, et la Escuela Superior de Arte fait son apparition. De manière générale, peu d'artistes suivent cette tendance. Certains tentent même de créer des courants alternatifs tandis que d'autres exposent dans la rue afin d'échapper à la censure.
Durant toute cette période, des noms tels que
Raul Martinez, Manuel Mendive, Flavio Garcianda ou encore Carlos Garaicoa plus tard, pour ne citer qu'eux, parviennent à se construire une réputation, sur l'île ou bien ailleurs...
De nos jours, les villes de Cuba possèdent une multitude de galeries d'art, toutes différentes les unes des autres, à visiter absolument...
le Cinéma
L'industrie du cinéma cubain apparaît grâce à l'arrivée au pouvoir du mouvement castriste révolutionnaire qui crée, en mars 1959,
l'Institut Cubain de l'Art et de l'Industrie Cinématographique (I.C.A.I.C.) et promeut le cinéma national de manière générale.
Avant cela, les productions étaient essentiellement étrangères, dont beaucoup d'entre elles venant des USA, les rares créations cubaines étant de qualité moyenne.
Beaucoup de documentaires sont initialement produits (exercice où excelle un certain
Santiago Alvarez), généralement afin de véhiculer la propagande révolutionnaire et, durant la campagne d'alphabétisation en 1961, un cinéma mobile (cinemóvil) sillonne les campagnes les plus reculées afin de promouvoir le septième art. Ainsi, le cinéma est rendu accessible à tous grâce au prix dérisoire de l'entrée.
Dans le courant des années 60, de nombreuses fictions sortent à l'écran; on atteint le nombre relativement élevé de 10 longs métrages annuels en moyenne, malgré un manque de moyens financiers et matériels; certains d'entre eux connaissent même un succès international.
Mais la censure et la répression exercées par l'Etat vont créer des tensions dans les années 70 et 80, période défavorable pour le cinéma cubain, portant le nombre de productions annuelles à seulement trois au départ, puis à six ensuite.
Malgré la crise économique et le manque de moyens que cela apporte, les années 90 donnent un nouvel essor au cinéma cubain, car de nombreux films connaissent un franc succès, national et international.
Depuis 1979, La Havane accueille un
festival international du cinéma latino-américain au mois de décembre, et, depuis 1998, un des
festivals de films français les plus fréquentés au monde (100 000 visiteurs en 2003) : le festival 'cine francés', qui se déroule pendant six semaines à la Havane et ensuite dans toute l'île.
la Filmographie
1966 : 'La Mort d'un Bureaucrate' de Tomas Gutierrez Alea
1967 : 'Las Aventuras de Juan Quinquinde' de julio garcia espinosa
1968 : 'Lucia' de Humberto Solas
1968 : 'Mémoires du Sous-développement' de Tomas Gutierrez Alea
1973 : 'Ustedes Tienen la Palabrade' de Manuel Octavio Gomez
1974 : 'De Cierta Manera' de Sarah Gomez
1975 : 'El Otro Francisco' de Sergio Giral
1976 : 'La Ultima Cena' de Tomas Gutierrez Alea
1976 : 'El Rancheador' de Sergio Giral
1979 : 'Retrato de Teresa' de Pastor Vega
1979 : 'Maluala' de Sergio Giral
1983 : 'Se Permuta' de Juan Carlos Tabio
1983 : 'Hasta Cierto Punto' de Tomas Gutierrez Alea
1985 : 'Vampiros en la Habana' de Juan Padron
1988 : 'Plaff !! Sortilège à Cuba' de Juan Carlos Tabio
1994 : 'Fresa y chocolate' de Tomas Gutierrez Alea & Juan Carlos Tabio y Senel Paz
1994 : 'Guantanamera' de Tomas Gutierrez Alea
1998 : 'La Vie c'est Siffler' de Fernando Perez
1999 : 'Liste d'Attente' de Juan Carlos Tabio
l'Architecture
L'architecture coloniale est omniprésente à Cuba.
Les villes sont articulées autour du
'parque central', grande place accompagnée d'un square.
Les demeures coloniales, véritables joyaux architecturaux, rappellent
l'influence sud-espagnole. Elles sont construites autour des célèbres 'patios', petites cours destinées à l'époque aux esclaves domestiques, et qui sont aujourd'hui la particularité de ces maisons pittoresques.
Autre particularité de ces demeures, mais aussi de certaines constructions religieuses : les 'techos de alfarjes'. On retrouve
l'influence musulmane à travers ces plafonds en bois composés de poutres finement décorées de motifs géométriques, souvent peints de couleur verte ou bleu vif.
Dans la seconde moitié du 18ème siècle, l'architecture cubaine connaît son apogée grâce au
mouvement baroque cubain; la cathédrale de la Havane et le Palacio de los Capitanes Generales, édifiés durant cette période, en témoignent.
Le 19ème siècle se caractérise par
l'influence du néo-classique, style influencé par le retour aux formes de l'Antiquité classique.
l'Artisanat
Les populations aborigènes qui vivaient à Cuba avant même la découverte de l'île par Christophe Colomb utilisaient
les coquilles d'escargots mais aussi
la céramique, afin de fabriquer toutes sortes d'objets tels que des couteaux, des cuillères, des assiettes, des colliers...
Le bois était également utilisé pour concevoir des habitations (huttes) ou des embarcations destinées à la navigation (canoës).
Toutefois, les effets de la colonisation ont causé la perte quasi totale des objets artisanaux de l'époque pré-coloniale.
Cuba, contrairement à de nombreux pays latino-américains, n'a pas bénéficié des héritages laissés par les Incas, les Mayas ou encore les Aztèques, et n'a donc pas dans son histoire cette tradition de l'artisanat.
On trouve toutefois un peu partout des bijoux en corail, des statuettes en bois, des chapeaux de palmes tressées, des noix de coco sculptées ou encore des poupées représentant les divinités de la Santeria.
Les amoureux de musiques pourront également dénicher tous
les instruments de musique, véritables emblèmes du pays.
les Loisirs
Les cubains regardent très volontiers et très fréquemment
la télévision et jouent aux dominos en famille ou entre voisins, en raison des transports intérieurs peu efficaces et du faible pouvoir d'achat.
Le sport, particulièrement
le base-ball, reste l'activité favorite des jeunes et les parties s'improvisent généralement dans une ruelle, un terrain vague ou un stade. Tout est prétexte pour taper la balle.
Certains endroits attirent cependant toujours autant la population de l'île, comme par exemple
la Casa de la Cultura, qui organise toutes sortes de manifestations culturelles telles que concerts, pièces de théâtre, expositions..., ou bien comme la Casa de la Trova (maison des troubadours) qui donnent lieu à des concerts traditionnels de styles différents.
Ces lieux traditionnels et culturels se trouvent de coutume au coeur de la ville, à proximité des 'parques centrales. On trouve également
de nombreux bars et discothèques dans toute l'île, mais la majorité d'entre eux appartiennent aux grands groupes et hôtels internationaux.