L'artisanat
L'artisanat malgache est particulièrement riche en couleurs et en matières naturelles tirées des nombreuses ressources de l'île. Le phénomène de mode de recherche de matériaux authentiques permet aujourd'hui Ã
Madagascar de développer son fort potentiel artisanal.
Essentiellement constitué de tissus, de bijoux, de vannerie de bois sculptés ou encore de pierres taillées, certains éléments de l'artisanat de
Madagascar sont reconnus internationalement.
Le papier « Antemoro »
Fabriqué selon les procédés authentiques « Antemoro », donc entièrement réalisé à la main et séché comme autrefois au « clair de lune », ce papier est de couleur blanc écru. Il est fait à partir d'une pâte d'écorce pilée, ce qui lui donne son aspect épais et granuleux.
On l'utilise pour les reliures, le papier à lettre ou les enveloppes, les abats-jours ou les tapisseries. L'incrustation de fleurs séchées le rend particulièrement décoratif.
Les pierres
Le sol de l'île est riche en minéraux de toute sorte. Les Malgaches en font une exploitation restée artisanale. Les lapidaires transforment toutes les pierres rares de Madagascar : onyx, agate, rubis, émeraude ou quartz et en font des objets divers. Vous pourrez ainsi vous procurer des objets décoratifs variés que ce soit des boules, des cendriers, des oeufs polis ou encore des jeux de solitaire.
Les vanneries
Cet artisanat est particulièrement répandu sur l'île. Les Malgaches fabriquent de nombreux objets utiles en matière végétale, comme le raphia, le jonc, les palmes de palmiers ou de cocotiers. Ils utilisent notamment ces fabrications pour les couvertures de toiture ou les cloisons d'habitation.
Vous dénicherez facilement de très beaux chapeaux, paniers ou nattes de toutes les couleurs et de toutes les formes.
Les objets de récupération
La récupération est un moyen trouvé par les habitants pauvres de l'île pour survivre. Cette pratique est aujourd'hui devenue un art. Les cannettes, les boîtes de conserves ou la tôle de récupération sont transformées en arrosoir, gobelet ou bidon. Les matériaux les plus colorés deviennent des jouets ou des maquettes reproduisant les taxis brousses locaux, les jeeps ou encore les avions d'Air
Madagascar.
L'art Zafimaniry
Cet art est lié au groupe ethnique 'Zafimaniry' qui vit dans une région de forêts, au Sud-Est d'Ambositra. Réputés pour leur travail sur bois, de marqueterie, les Zafimaniry réalisent de nombreux objets usuels tels que des coffres en bois sculptés, des boîtes à miel, leurs cases, des volets ou des sarbacanes. A Ambositra, où se sont implantées des missions religieuses, un artisanat plus commercial à émerger avec une production en atelier de statuettes, de jeux d'échecs, de meubles ou autres sculptures.
Les instruments de musique
Les instruments traditionnels utilisés lors des fêtes et des cérémonies sont fabriqués à partir de cuirs, de bois ou de bambous.
Le Valiha : instrument à corde composé d'un corps en bambou et de multiples cordes tendues autour du corps.
Des modèles de tambours, de cithares ou flûtes.
Des 'djembé' de qualité sont fabriqués localement par des spécialistes des percussions.
L'artisanat malgache est encore très riche, on peut notamment citer d'autres fabrications comme les bijoux, le tissu, les batiks, et les peintures sur soie.
L'architecture
L'art funéraire sacré est très important à Madagascar. Le respect porté aux ancêtres malgaches est très fort et génère une production architecturale funéraire riche.
L'architecture funéraire est différente selon les régions de l'île :
Dans les Hautes Terres
Dans le pays Betsileo, les caveaux sont surmontés d'un entassement de pierres plates et plantés de Vatohaly. Ces pierres levées indiquent le nombre de défunts enterrés à cet endroit. Les tombes sont généralement bâties au sommet de rochers, pour être visibles de loin.
Dans le Sud-Est
Dans l'Anosy, on peut trouver des ensembles de dizaines de mégalithes formés par des pierres commémoratives. Elles se trouvent à proximité des tombeaux, des poteaux entaillés (alo-alo), desquels surplombent des sculptures d'oiseaux notamment. On peut voir ce type de monuments, en bordure de forêt entre Fort Dauphin et Sainte Luce.
Dans le Sud
Les Bara érigent également des mémoriaux surmontés de figurines d'oiseaux. Ils se distinguent par le caractère géométrique des motifs. Le Musée de l'Homme de Paris a conservé un modèle de ces poteaux, qui représente une femme avec son enfant.
Chez les Antandroy et les Mahafaly, les tombes sont de grandes tailles allant jusqu'à 15m de côté et 1,50m de hauteur. Les motifs représentés sont notamment « la croix mahafaly ». Leur sommet est planté de poteaux de bois sculpté, d'une hauteur allant jusqu'à 2m. Ces poteaux appelés les alo-alo sont représentatifs de la personnalité du défunt. On peut ainsi voir régulièrement des poteaux décorés de sculptures de gendarme, de cycliste ou d'avion, etc.
Dans l'Ouest
Les sculptures des tombes les plus anciennes représentent souvent des personnages ou des oiseaux sacrés, comme les hérons. Plus récemment, on a vu apparaître de nombreuses sculptures érotiques, leur message restant toujours mystérieux. Les tombes les plus célèbres se situent dans la région de Morondava.
Les Malgaches accordent beaucoup d'importance aux tombes funéraires pour lesquelles ils dépensent souvent plus d'argent que pour leur propre habitation, qui elle reste souvent précaire.
La musique
Musique et fêtes
La musique est prédominante dans la vie des malgaches. Que ce soit à l'occasion de fêtes communautaires, familiales, de cérémonies religieuses, traditionnelles (messes, exhumation, circoncision) ou de veillées mortuaires, les Malgaches chantent, écoutent de la musique ou dansent. Elle fait partie de leur vie quotidienne culturelle et sociale. Toute occasion est un prétexte à faire la fête. Celle-ci est souvent accompagnée d'un bal, animé en brousse par l'orchestre local. Son déroulement suit un protocole très précis : après l'hymne national, la plus haute personnalité ouvre le bal par l'Afindrafindrao. Sur cette musique d'introduction, tous les participants forment une chaîne symbolique et tournent par couple autour de la piste. Après cela, les musiciens sont libres de jouer tous les types de musique.
Toutes les ethnies ont des types de musiques différents. Le chant (a capella) et les battements de mains sont essentiels dans la musique malgache.
Les musiques par régions :
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Dans les régions côtières, les rythmes sont généralement rapides et répétitifs. Des rythmes aujourd'hui célèbres ont vu le jour dans ses régions. Le Salegy dans le Nord ou encore le Tsapika dans le Sud, issus des musiques traditionnelles d'autrefois sont aujourd'hui particulièrement appréciés par les jeunes. Accompagnée d'alcool ou de chanvre cette musique les mène souvent à la transe. Leur danse, rapide est très physique, saccadée, voir érotique. Des groupes comme Jaojoby ou Tirike sont des troupes de Salegy et de Tsapika ayant un grand succès dans l'île auprès des jeunes.
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Dans les Hautes Terres, la musique est beaucoup plus solitaire, douce et exprime les sentiments de manière beaucoup plus discrète. Les rythmes sont beaucoup plus lents. Cette région a également vu naître des chanteurs célèbres, le plus représentatif étant le groupe Mahaleo. Populaire depuis plus de 25 ans sur l'île, il a fait émerger un courant de chansons populaires à textes. Son leader Dama est une véritable star dans l'île. D'autres chanteurs se démarquent à l'image d'Eric Manana ou de Samoela, issus du courant contestataire.
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La région de Tananarive est célèbre pour ses chants religieux principalement protestants.
Les Hira Gasy (chansons malgaches)
Dans les Hauts Plateaux, s'exerce une tradition particulièrement populaire : celle des Hira Gasy. Ces spectacles de danse, de musique et de conte sont une forme d'expression unique dans l'île. Situées entre le théâtre et l'opéra, ces spectacles sont conçus, écrits et chantés par les paysans. Si le public est constitué majoritairement de paysans, ceux-ci sont appréciés de toute la population malgache.
Composés de vingt-cinq personnes, soit de dix huit hommes et cinq femmes, la représentation se fait sous forme de compétition. La troupe gagnante sera celle qui aura le plus émue, le plus captivée le public et celle dont les costumes seront les plus originaux.
La représentation débute par un Kabary, un discours par le doyen de la troupe. Il remercie les ancêtres et salue le public. La suite est une illustration du message lancé lors du Kabary, à travers des chansons et des danses acrobatiques et accompagnées des musiciens (trompettes, tambours, flûtes et clarinettes). Les sujets abordés dans les spectacles sont souvent la vie, les ancêtres, l'amour, la mort, le travail ou encore d'autres thèmes de prédilection Ã
Madagascar comme la protection de la nature, le contrôle des naissances, la solidarité entre pauvres ou la prévention du sida. Plus qu'une forme artistique l'Hira Gasy est une occasion pour les Malgaches de partager leur vision du monde.
Les troupes professionnelles d'Hira Gasy, se produisent chaque dimanche après-midi au 'Tranom-pokonolona' ou maison populaire, dans le quartier d'Isotry à Antananarivo.
Les instruments traditionnels
Il existe des centaines d'instruments différents Ã
Madagascar. Les flûtes, les tambours, les clarinettes ou les percussions sont les plus courants. Deux instruments traditionnels prédominent pourtant pendant les fêtes et cérémonies malgaches.
Le Valiha : une variété de cythare (petite harpe) fabriquée en bambou et entourée de nombreuses cordes. On retrouve avec cet instrument l'influence austronésienne. Vous pourrez assister à des concerts de Valiha donnés par Sorajavona et Doné Andriambaliha à Tananarive.
Le plus grand joueur de Valiha est actuellement Justin Rakotondrasoa, dit Justin Vali, le descendant d'une lignée de joueurs de valiha.
Le Kabosy : sorte de guitare hawaïenne. C'est l'instrument privilégié des pauvres.
Le Gorodao : accordéon diatonique introduit dans les orchestres locaux dans les années 1950.
Le Lokanga : violons traditionnels à trois cordes.
Le Marovany : sorte de cithare.
La Sodina : flûte traditionnelle.
La musique malgache aujourd'hui
Si la musique malgache est très riche, variée, et prédominante dans la culture de l'île, elle a pourtant mis du temps à se faire connaître en dehors de son territoire. La musique de Madagascar issue d'un important métissage à la fois asiatique, africain, arabe et même européen a su résister à l'invasion de la musique occidentale.
La chanson malgache a connu un essor important vers 1972, l'année de la révolution. Elle a ainsi vu naître de nombreux chanteurs contestataires, comme notamment Rossy et Mahaleo. A l'époque, des groupes prônaient une identité malgache forte en intégrant des textes en malgaches et des rythmes traditionnels. Ils sont aujourd'hui toujours aussi populaires et donnent régulièrement des concerts dans l'île.
Depuis 1986, un salegy-rock a vu le jour, impulsé par le guitariste Eusèbe. Le vaqu'sauv, rap malgache renouant avec la tradition des joutes orales, est très en vogue dans la jeunesse des grandes agglomérations urbaines.
Les rythmes les plus populaires actuellement sont des rythmes très rapides et festifs comme le salegy mais également la soukouss, le kwassa-kwassa, le mbaganga, le reggea, le zouk ou le benga.
Les cérémonies et rituels
Dans les hautes terres, le premier jour de l'année lunaire est marqué par l'Alahamadibe. On implore à cette occasion la bénédiction de Dieu et des ancêtres par des séances de purification et des sacrifices de zébus. Sont réunis ce jour là tous les participants autour d'un grand repas, toujours accompagné de danses et de chants.
En juin, le Fisehagna est célébré dans la province de Diegó Suarez afin de conjurer les malédictions d'un mois généralement néfaste pour l'île.
Tout l'hiver austral se place sous le signe de la circoncision, du retournement des morts, et de l'hommage aux ancêtres. La circoncision s'appelle Famorana sur les Hautes Terres ou Tolaza chez les Betsimisaraka du Sud. La cérémonie la plus spectaculaire est le Sambatra de Mananjary qui a lieu tous les 7 ans en Octobre. Il s'agit d'une circoncision collective de tous les enfants mâles de la région. La fête dure une semaine mais nécessite un mois de préparation.
L'hiver est la période où l'on donne de nouveaux linceuls aux morts. Le Famadihana sur les Hautes Terres, est une période durant laquelle il n'est pas rare que des familles promènent les dépouilles de leurs disparus dans les rues. On a également le Ati-Damba dans la province de Tamatave, toujours accompagné de l'incontournable sacrifice des zébus.
En juillet, les Sakalava du Boina (Province de Majunga) se réunissent pour le FANOMPOAMBE. Les alentours des sanctuaires sont nettoyés, des offrandes de miel et d'alcool sont faites aux ancêtres, et on procède au bain des reliques sacrées.
En Août, seulement tous les 5 ans, les Sakalava du Menabe se donnent rendez-vous à Belo sur Tsiribihina pour le FITAMPOHA où l'on fait allégeance au roi coutumier tout en demandant la bénédiction de Dieu et des ancêtres. La cérémonie qui dure une semaine (exceptés le lundi et mercredi, jours néfastes) est marquée par des chants, des danses, des sacrifices de zébus, ainsi que le bain des reliques royales qui en est le temps fort.
Tous les 5 ans également, le Nord vibre pour le TSANGA-TSAINA ou Cérémonie du Mât, qui est la plus grande fête Antakarana. Le mât s'identifie à la virilité et au roi, alors que le sol où il est planté représente la fécondité et la terre-mère. Le Tsanga-Tsaina raffermit les liens entre les descendants du roi Tsimiharo et consacre le pouvoir du souverain. Marqué par de nombreuses festivités : pèlerinage à l'île Mitsio et dans les grottes de l'Ankarana, choix et façonnage du bois du mât, danses, chants et salves de fusils, levée du drapeau national et de celui à croissant et étoiles rouges du roi, cette fête traditionnelle est la plus impressionnante de la Grande Ile.
La littérature
La littérature malgache est apparue vers 1850, lorsque l'historien Raombana a rédigé 8 000 pages racontant le règne de Ranavalona I.
La littérature et la poésie modernes se développent dans les années 30 et 40, en particulier sous la plume de Jean-Joseph Rabearivelo (1901-1937) qui fît paraître le premier recueil en français La coupe de cendres (1924) puis Sylves (1927) ou Presque-Songes (1934).
Charles Renel, un instituteur, publia en français des Contes de Madagascar (1910 et 1930). Avec Jacques Rabemananjara (Antsa, 1956; Antidote, 1961) et Flavien Ranaivo (l'Ombre et le Vent, 1947), il forme la «trilogie malgache» dont les oeuvres, puise aux racines de la pensée malgache et se dressent contre la colonisation.
Le premier roman malgache paraît en 1965: 'Les Voleurs de boeufs', de Rabearison. La génération nouvelle de poètes compte notamment Esther Nirina ('Simple Voyelle', 1980), à l'écriture pure. Les romancières Charlotte-Arrisoa Rafenomanjato, dans le 'Pétale écarlate' (1985), et Michèle Rakotoson, dans 'Le Bain des reliques' (1988), décrivent le conflit social entre tradition et modernité. Jean-Luc Raharimanana ('Lépreux', 'Nouvelle', 1992) vient confirmer l'originalité et la maturité de la littérature malgache.
La littérature orale
Madagascar possède, depuis des temps immémoriaux, une riche littérature orale. Elle fournit des modèles de comportement et d'enracinement dans les valeurs austronésiennes. Chaque mythe malgache correspond en effet à un récit de la création du monde à Bornéo, chaque conte est une variante d'un mythe polynésien. On associe également les hain-teny aux pantoums malais. Les hain-teny sont des poèmes en prose dont les thèmes récurrents sont la vie, l'amour, la mort ou les ancêtres. Ces joutes oratoires sont nées dans la région d'Imerina.
Le cinéma
L'industrie cinématographique malgache n'en est qu'à ses débuts.
Le cinéma malgache est né du documentaire. Le plus ancien a été réalisé en 1947 par Raberono à l'occasion de la cérémonie commémorative du centenaire de la mort de Rasalama. 'L'Accident' (1972) est le premier moyen métrage de fiction en version malgache de Benoît Ramampy, auteur en 1984 de 'Dahalo Dahalo', et co-auteur avec Abel Rakotozanany en 1987 du Prix de la paix. 'Le Retour' (1973), premier long métrage malgache d'Ignace-Solo Randrasana, décrit la condition des petites gens soumis à l'exode rural. Enfin, 'Taba-taba', long métrage de Raymond Rajaonarivelo, présenté en 1988 à Carthage et à Cannes fit un tabac lors de sa projection. Le film tente une première réflexion sur des événements politiques survenus en 1947 et demeurés jusqu'à nos jours, inexpliqués.
Les films malgaches suivants sont projetés en version française dans quelques salles sur l'île :
-Taba taba, de Raymond Rajaonarivelo
-Very Rembly, d'Ignace Solorandrasana
-Dahalo-dahalo, de Benoît Ramampy
-Sous le Pont de Mirabeau, d'Elie Rajaonarison