L'ARTISANAT
L'artisanat sénégalais est mondialement connu notamment en France où il est très répandu sur certains marchés.
Les sénégalais, et particulièrement les Mourides, n'hésitent pas à exporter leurs marchandises à travers le monde pour ensuite reverser une grande partie de leur revenu perçu de leurs ventes à leur communauté.
Cet artisanat est principalement basé sur des matériaux naturels ou de récupération (tissus, bois, argile...).
On peut décomposer l'artisanat du
Sénégal en 2 formes :
- Celle destinée aux touristes qui affectionnent tout particulièrement son côté original et qui se présente la plupart du temps sous forme d'instruments typiquement africains comme le djembe, de sculptures en bois, de masques, figurines ou bijoux.
- Celle destinée aux sénégalais qui concerne principalement des objets traditionnels utiles et destinés à l'usage de tous les jours (poteries, instruments de cuisine, de travail), mais aussi des objets décoratifs réalisés plus finement par des artistes locaux (vêtements, sous verres, chaises...).
Vannerie
C'est l'activité artisanale essentielle surtout dans les villages où la majorité des habitants la pratiquent. On peut trouver différents produits issus de cette activité : les paniers de toutes tailles destinés à la récolte, à la vie de tous les jours mais également à la décoration et à la vente, des chapeaux, des éventails, des parasols, des bracelets, des nattes réalisés dans tous les styles et coloris. Les matériaux et les techniques utilisés pour la confection de ces objets diffèrent selon les ethnies : du rafia et du roseau pour les Peuls, des feuilles de palmier pour les Bassaris et du rônier pour les Diolas. Ces derniers sont véritablement les experts en la matière tant ils ont des techniques différentes pour réaliser des objets aux motifs, couleurs, tailles et usages variés.
Tissage
Tout ce qui touche au textile est très éveillé au
Sénégal, de la culture du coton à la confection, en passant par l'égrenage, le tissage, la filature, le tricotage et l'ennoblissement.
Le coton produit en grande quantité est de bonne qualité et le savoir-faire des sénégalais en la matière a attiré de nombreuses sociétés industrielles qui comptent profiter de la politique favorable du gouvernement sur ce secteur et exporter les tissus produits, dans le monde entier.
De toutes les activités du textile, c'est le tissage qui attire le plus les touristes et les produits sont exposés au sein même des rues des villes et des villages. Loin de l'industrialisation et de la production en chaîne, chaque peuple a sa manière de tisser le coton.
Métal
Le travail du métal est réservé principalement à 2 corps de métier au Sénégal :
Les forgerons, qui vont fabriquer toutes sortes d'outils utiles pour l'agriculture ainsi que des armes (poignards, arcs, lances, flèches...) et des accessoires nécessaires aux cérémonies et rituels locaux.
Les bijoutiers qui travaillent des métaux tels que l'or, l'argent, le laiton, le cuivre ou l'aluminium selon les tribus. Ils peuvent fabriquer des bijoux très fins et très prisés autant par les touristes que par les Sénégalais.
Au
Sénégal, les bijoux sont très importants. Plus qu'une mode, ils symbolisent le sexe, l'âge, la classe sociale et la tribu de la personne. Les Wolofs sont réputés pour leur fabrication de bijoux (sur mesure notamment).
Cuir
Là aussi, on peut différencier 2 sortes de domaines majeurs dans le travail du cuir :
- La création de sacs, sandales, accessoires et bijoux en cuir mais aussi les ornements pour les rituels propres à chaque ethnie.
- La fabrication de lanières, harnachements et autres équipements pour les chevaux.
La Poterie
Réalisées essentiellement par les femmes, les poteries sénégalaises sont faites pour un usage journalier et utilitaire : les Canaris qui servent à stocker l'eau grâce à la porosité de leur argile, les Ande que l'on utilise pour parfumer et réchauffer la pièce en y disposant braises, cendre ou encens, et toutes autres sortes de poteries telles que les marmites, les plats à couscous, les jarres etc.
Les poteries de décoration sont évidemment plus prisées par les touristes.
Bois
Les Peuls sont les spécialistes du travail du bois et les autres tribus font notamment appel à eux pour confectionner pirogues, instruments de musique ou objets de la vie quotidienne. Les arbres utilisés pour la fabrication de ces objets sont principalement le rônier et le palétuvier.
Les sous verres (ou Suuwer)
Les sous verres sont considérés comme une spécificité du
Sénégal.
La difficulté de la réalisation de ces oeuvres réside dans le fait que l'artiste doit peindre sur le verre en inversant l'ordre d'étalage des couches de peinture. Il commence par signer sa toile, puis ajoute les personnages et enfin le décor. La face peinte sera ensuite protégée par un carton. On en trouve un peu partout au Sénégal, sur les trottoirs, les murs, dans les échoppes et dans les marchés. Ils représentent bien souvent des scènes de la vie courante, des portraits de figures emblématiques, des scènes marquantes de l'histoire... Bien souvent, pour trouver des oeuvres originales, il faut se rendre dans les galeries et expositions comme celles de Mbengue, Serigne Diagne, Germaine Anta Guèye...
Les vêtements
Les hommes sénégalais revêtent des boubous à encolure triangulaire et les femmes des boubous à encolure ronde. Ils peuvent être portés quotidiennement ou pour les jours de fêtes selon leur confection. Les sénégalaises portent également des pagnes, sorte de paréo, avec ou sans boubou.
Il existe une grande variété de couleurs et de styles pour ces habits que l'on retrouve facilement sur les différents marchés.
LA MUSIQUE
Aujourd'hui,
le style référence au Sénégal est le Mbalax qui allie les rythmes et instruments modernes (guitare, flûte, trompette) et sénégalais (Djembé, Sabar, Balafon).
C'est un mouvement phare pour l'ensemble de la musique africaine.
Le Mbalax a notamment été projeté sur la scène internationale grâce à un artiste comme Youssou Ndour, la star sénégalaise et idole du pays. Il a promu le Sénégal au niveau mondial en réalisant des duos avec des artistes internationaux mais aussi en réalisant l'hymne de la Coupe du monde de football 1998 par exemple.
Devenu également producteur musical, Youssou Ndour participe désormais au développement de la musique sénégalaise en lançant de jeunes artistes locaux. Il a reçu le prix Prince Claus en 2002 (Pays Bas) récompensant son implication dans le domaine artistique et intellectuel de son pays.
Ce style de musique va connaître son apogée avec des artistes comme Thione Balago Seck, Omar Pene, Dieuf Dieul , Alioune Kassé ou Viviane Ndour.
Certains styles de musiques sénégalais se raprochent du Mbalax, c'est le cas du Yella notamment, une sorte de Mbalax-folk qui est moins connu au Sénégal mais qui s'exporte remarquablement grâce Ã
Baaba Maal particulièrement. Il est le principal précurseur du genre et aussi un artiste de renommée internationale.
C'est à ce mouvement musical qu'appartiennent d'autres stars comme
Ismaël Lô, très médiatisé au Sénégal et bien connu en France avec son morceau fétiche « Tadja bone », Omar Pène ou Thione Seck.
Le mouvement Hip-Hop/Rap, comme partout dans le monde, a trouvé ses admirateurs dans les grandes villes du Sénégal. Mouvement très dynamique et apprécié par les jeunes sénégalais, il est
représenté au niveau international par un groupe comme les Positive Black Soul qui est le groupe le plus connu d'Afrique. Ils font beaucoup d'animations de soirées ou de tournois de sport au Sénégal. D'autres groupes comme Daara-J ou Pee froiss sont également des piliers du genre. Deux événements importants sont organisés pour les fanas de ce style: Les Hip-Hop Awards et le Festival Sénérap International.
Dans le domaine du Jazz, qui était le courant principal dans les années 70 et qui est toujours à la base de l'influence musicale sénégalaise,
il faut signaler l'existence d'un festival à Saint Louis : Le « Festival Saint Louis Jazz » et d'artistes comme Nakodjé qui mixe la musique africaine (flutes peules, balafon, calebasses) et jazz moderne.
La Salsa version sénégalaise est très réputée et tient avec Labba Sosseh et l'Orchestra Baobab son précurseur et son icône de diffusion. De grands noms ont contribué au dévelopement de la salsa au
Sénégal : Pape Seck, Dagana Pape, Samba Diop MBA, Maguette N'Diaye, Joe Mambaye, Lynx Tall, Amara Touré, Mady Konaté, Aminata Fall, Doudou Sow ... avec des groupes mythiques dont le Star Band de Dakar et le Number One. En 1992, Ibrahim Sylla, producteur sénégalais et le malien Boncana Maïga, artiste et arrangeur connu créent le groupe Africando composé de Pape Seck, Medoune Diallo et Nicholas Menheim. Ce groupe fera la carrière internationale qu'on lui connaît déchaînant les foules en Asie , en Afrique, en Europe et aux Etats-Unis.
Une amicale Sénégalo-cubaine a été créé à St Louis avec pour objectif de recréer l'ambiance afro-cubaine qu'avait connu la ville à une certaine époque mais aussi pour poursuivre le mouvement Salsa qui s'éssoufle un peu au
Sénégal avec la nouvelle génération Rap /Hip Hop.
En 2001, un film documentaire intitulé Sénégal-Salsa' et présenté par un jeune sénégalais, Moustapha Ndoye à la 14ème édition du FIPA, Festival international de programmes audiovisuels de Biarritz a consacré ce jeune photographe-réalisateur dans la catégorie 'Musique et Spectacles'. Il a reçu le trophée d'argent de l'édition 2001 du Fipa. Son film rappelait la belle époque des salseros cités plus haut.
Johnny Pachéco, Orquesta Aragon, Célia Cruz, Fania All Stars... les stars latinos sont aussi bien connue ici que dans leur pays d'origine.
D'autres artistes comme les frères Guissé, Folk à base de percussions et guitares qui se sont distingués au Sénégal et en dehors, ou les Touré Kunda qui chantent en différents dialectes sénégalais sur des compositions alliant Rock, Funk, ou Mbalax sont également garants de la popularité et de l'attrait de la musique sénégalaise.
LES INSTRUMENTS
La musique dans les villages est essentiellement réservée aux griots, qui regroupent à la fois la fonction de musiciens, chanteurs, historiens, conteurs et ambianceurs. Ils utilisent différents sortes d'instruments pour rythmer les festivités.
La Kora
Instrument d'origine mandingue, ses sonorités typiquement africaines ont déterminé sa présence dans tous les orchestres traditionnels du pays. Sorte de harpe, elle est composée de plusieurs cordes en fil de pêche (21 exactement) qui relient le manche à une demi calebasse recouverte d'une peau de chèvre.
Le Balafon
Cette sorte de xylophone originaire de Guinée est composé de plusieurs lattes en bois (fabriquées à partir de bois d'arbre à huile male séché) sous lesquelles on place des callebasses afin d'amplifier le son produit. Mesurant de 4 centimètres à 1 mètre 50, le balafon peut généralement produire de 18 à 21 notes mais il est surout utilisé dans les orchestres.
Le Djembe
D'origine mandingue, le Djembe était à l'origine utilisé pour accompagner des évènements comme les mariages, baptêmes, récoltes ou circoncisions. Composé d'une pièce en bois en forme de calice recouverte d'une peau de chèvre ou d'antilope tendue, il est un des seuls instruments africains à la renommée mondiale. Désormais, le Djembé se fabrique en grandes quantités pour des raisons principalement touristiques entraînant ainsi l'extinction de l'espèce d'arbre, le Cordyla Pinata, utilisé pour sa fabrication.
Le Sabar
Si aujourd'hui le Sabar, instrument à percussions ancré dans la culture sénégalaise, est connu dans le monde c'est notamment grâce à l'apport de Doudou Ndiaye Rose et son orchestre de neunde qui a permis sa révélation. Tambour taillé dans du bois massif, il est recouvert d'une membrane en peau de chèvre tendue par des chevilles en bois et des cordes qui permettent de l'accorder. Il peut se jouer avec la main et à l'aide d'une baguette en bois de tamarin. Il se décline en plusieurs modèles de tailles et donc de sonorités : le Tungune (le plus petit), le Mbëng mbëng (sabar moyen), le Nder (le plus grand) mais aussi le Thiol, le Xiin ou le Gorong-mbabas.
LA DANSE
La danse typiquement sénégalaise est le Sabar, nom qui désigne à la fois l'instrument, la danse et la fête préparée à l'occasion des différentes cérémonies de mariage, baptême... La seule base de cette danse est de suivre les différents rythmes à 5 temps composés par la musique. Chacun est libre de ses mouvements ; il n'y a pas de chorégraphie précise.
D'autres danses comme le Manotche sont utilisées pour les rituels comme la circoncision.
Le ventilateur, une autre danse moins culturelle et très provocatrice, peut également être observée dans les boîtes sénégalaises et dans les rues lors de fêtes populaires improvisées notamment.
Dansé essentiellement par les femmes qui agitent leurs hanches et leur bassin de manière rapide et frénétique.
La danse contemporaine s'est grandement développée avec l'apport du président Leopold Sédar Senghor et la création de l'école 'Mudra Afrique' à Dakar. On assiste aujourd'hui à l'éclosion d'une nouvelle génération de danseurs avec les compagnie Jant-Bi, Artea, '5eme dimension' ou encore le Ballet Simomew qui tentent de lancer leurs spectacles malgré le peu de moyens dont ils disposent.
LES CEREMONIES ET RITUELS
Développés autour des notions d'appartenance à un groupe et de fête,
les cérémonies et rituels sénégalais sont principalement reliés à la religion et aux croyances de leurs pratiquants, elles ont su s'adapter à l'évolution de la société et à sa modernisation :
Le Baptême
Egalement appelé cérémonie d'imposition du nom,
il a lieu 8 jours après la naissance de l'enfant. C'est pendant cette cérémonie et en présence d'un marabout que l'enfant recevra son nom. Suivra alors une grande fête accompagnée de chants et de danses où les familles paternelles et maternelles vont célébrer le baptême de l'enfant offrant des cadeaux à la famille du nouveau-né.
L'Initiation
C'est une cérémonie qui
consiste à marquer le passage entre les différentes étapes de la vie d'un homme ( puberté, adolescence, passage à l'âge adulte). Elle est très souvent accompagnée de festivités touchant tout le village. Les rites diffèrent selon que l'on se trouve en territoire Bassari, Joola ou Diola. Ces derniers sont ceux qui ont su le mieux préserver leurs origines et chez qui les rites sont les plus saisissants. Ils ont lieu généralement tous les 10 ans à une date choisie par le conseil des anciens. Commence alors une préparation des jeunes initiés qui s'apprêtent à quitter leur famille dans la joie et la fête qui touchent tout le village. S'en suit la séparation des jeunes garçons qui vont suivre les anciens et les féticheurs dans le « bois sacré » où ils vont leur transmettre valeurs, croyances, savoir et secrets agrémentés de défis physiques en tous genres qui feront d'eux des hommes. Une semaine après leur retour du bois, une grande cérémonie est organisée au village où les initiés vont retrouver leur famille et leur village.
Vous ne saurez jamais ce qu'il s'est passé durant l'initiation car le secret doit être tenu par les initiés sous peine de voir la malédiction s'abattre sur eux et leur famille...
La Circoncision
Comme pour l'Initiation, cette cérémonie diffère selon le peuple qui la pratique. Les Soninké, par exemple, pratiquent une cérémonie de la circoncision similaire à une cérémonie d'initiation. Les prétendants à la circoncision vont d'abord faire le tour de la famille pour recevoir des cadeaux avant le déroulement de la fête sur la place du village où les jeunes garçons y prendront part. Le Bawo, qui est le maître d'initiation récitera alors des formules les protégeant puis partira ensuite quelques jours à l'écart seul avec les enfants pour et leur enseignera les principales qualités qu'un homme doit avoir.
Puis tous les jeunes garçons sont réunis avec le Bawo, leurs pères et les personnes responsables de l'opération dans un même lieu pour pratiquer la circoncision. Ils revêtent ensuite la tunique et le bonnet blancs des circoncis.
Le Mariage
Au Sénégal,
il représente principalement l'union entre 2 familles. La majorité des mariages sont encore arrangés au préalable par les parents mais les mariés doivent quand même donner leur consentement pour que l'alliance ait lieu.
La préparation du mariage suit une cérémonie bien précise. D'un coté la mariée se prépare avec les femmes de sa famille et de celles de son futur époux qui vont également lui prodiguer des conseils.
De l'autre, l'époux se rend à la mosquée où il va prier et recevoir le consentement des pères des mariés pour que le marabout puisse prononcer l'union.
Des bénédictions sont ensuite données à tous et chacun reçoit une noix de cola (symbole d'union) pour la soirée qui se déroule chez le marié. C'est à ce moment que les mariés se voient pour la première fois de la journée en compagnie des convives qui vont partager le repas durant cette nuit de fête animée par des chants, de la musique et des danses.
La fête durera 7 jours.
Les Funérailles
La mort n'est pas synonyme de fin pour les sénégalais.
C'est la continuité de la vie et le de début de l'éternité.
Selon les peuples, les célébrations des funérailles diffèrent.
Chez les Peuls la cérémonie est très sobre. On enterre le mort le jour même et on se partage son héritage.
Chez les Sérères et les peuples du Sud, on va garder le défunt au village pendant 3 jours durant lesquels on va organiser danses et chants en son honneur. A la fin des 3 jours et selon les moyens financiers de la famille, une célébration plus ou moins importante sera organisée pour enterrer le défunt.
Chez les Diolas, la cérémonie diffère selon l'âge du défunt. Cérémonie festive pour les plus vieux ou silencieuse pour les plus jeunes.
Chez les Soninké le mort est pleuré par des « pleureuses » puis le marabout organise le rituel. On enterre le défunt enveloppé dans un linceul blanc.
Les Fanals
Si vous vous rendez à Saint Louis en fin d'année vous assisterez probablement à cette parade de chars illuminés. Evènement culturel musical, les Fanals sont une évocation à l'histoire et aux Signares (femmes métisses de St Louis et Gorée).
Le Fil
Dans la région de Thiès, les habitants tentent de pressentir les catastrophes au rythme de chants et de danses qui vont durer quatre jours.
Les génies protecteurs
Pour les moments de joie ou de détresse, selon les tribus, les ethnies et les peuples, on célèbre le génie protecteur.
La première partie de la cérémonie consiste à prier le génie et la seconde à faire des sacrifices définis par les sorciers ou les guérisseurs. L'ensemble de la cérémonie se déroule sur l'habitat du génie (île, fleuve, forêt, montagne ou colline, selon les génies).
Le Pèlerinage de Popenguine
Tous les ans depuis 1888, pour la Pentecôte, la tradition veut que des milliers de personnes se rendent à pied jusqu'à ce petit village situé à 60 km de Dakar.
LA LITTERATURE
Pour l'Afrique francophone, l'apport de la littérature sénégalaise est inestimable.
On ne peut parler de poésie au Sénégal sans mentionner le célèbre poète de la Négritude et ex-président du Sénégal de 1960 à 1980, Léopold Sédar Senghor qui est véritablement à l'origine de la littérature du pays (Chants d'ombre : 1945 ; Hosties noires, 1948 ; Éthiopiques : 1956 ; Liberté I à V : 1964-1993).
Son compagnon au début du mouvement de la Négritude,
Birago Diop, est lui aussi un fameux poète sénégalais : il écrira notamment Les Contes d'Amadou Koumba en 1947 et Contes et Lavanes en 1967.
A la suite des poètes, les écrivains prennent le relais. Après la seconde guerre mondiale et la décolonisation, beaucoup d'entre eux vont essayer de se pencher sur les origines historiques du peuple sénégalais et sur les dimensions sociales ou religieuses de la société.
Ousmane Sembène, avant de devenir un remarquable cinéaste,
participera également à la richesse de la littérature sénégalaise avec « O pays mon beau peuple » et surtout « Les Bouts de bois de Dieu », en 1960, qui raconte les destins croisés de femmes ayant des relations polygamiques et monogamiques en Afrique.
Cheikh Hamidou Kane est l'auteur d'un des romans Africains les plus lus et reconnus dans le monde : « L'Aventure ambiguë » (1961) qui est un roman d'inspiration autobiographique.
Cheikh Anta Diop : La renaissance et la reconnaissance de l'Afrique, il attachera toute sa vie à ces tâches. Cet historien a publié entre autres « Nations nègres et culture », son oeuvre majeure (1954), « L'Unité culturelle de l'Afrique » (1960), « Etude comparée des systèmes politiques et sociaux de l'Europe et de l'Afrique de l'antiquité à la formation des Etats modernes » (1959), « Antériorité des civilisations nègres : mythe ou vérité historique » (1967), « Civilisations ou barbarie » (1981).
Il faut également remarquer l'apport féminin dans la littérature au Sénégal : Mariama Bâ (« Le chant écarlate », « Une si longue lettre », 1980) ou Aminata Sow Fall auteur de « La grève des mbattus », « Le revenant », « L'appel des arènes », « L'ex père de la Nation » qui sont des livres importants pour le Sénégal.
D'autres auteurs comme Cheik Aliou Ndao « Mogariennes », Abdoulaye Sadji « Nini », Ousmane Socé « Karim », Mame Seck Mbacké « le froid et le piment », ou Amina Sow Mbaye sont également réputés pour leurs oeuvres respectives.
LA PEINTURE ET LA SCULPTURE
Dans les années 60, le Sénégal expérimente sa Renaissance et
Dakar est même surnommé le Saint Germain de l'Afrique. A ce moment là , certains artistes se font plus remarquer :
Moustapha Dimé, sculpteur qui utilise les matériaux rejetés par la mer (du bois principalement) pour confectionner ses oeuvres.
Ousmane Sow, qui a réalisé des sculptures sur le thème des « hommes debout » à travers différentes tribus comme Les Massaïs (1988-1989), Les Zoulous (1990-1991), Les Peuls (1993-1994) ou encore les Indiens en 1999 sur le Pont des Arts à Paris qui acheva réellement sa consécration.
Souleymane Keita, l'inspirateur de la peinture abstraite ayant effectué une sorte de
voyage initiatique à travers le monde pour revenir ensuite au Sénégal peindre ce qu'il a observé.
Par ailleurs,
quatre fers de lance de l'art sénégalais considérés comme des révolutionnaires en leur temps ont marqué leur époque : Sérigne Mbaye Camara, Viyé Diba, Seyni Gadiaba, Djibril Ndiaye.
Si l'on excepte les Sous-Verres et les formes d' « art de rue » que l'on peut trouver à même les murs, trottoirs ou véhicules des grandes villes,
la peinture au Sénégal n'a pas vraiment de considération. Les Sénégalais ne lui accordent que très peu d'importance. Les artistes ont ainsi beaucoup de mal à exposer leurs oeuvres et à se révéler.
Il leur faut le plus souvent exposer à l'étranger pour réussir à se faire connaître. La peinture reste dans les tons chauds, ocres et bleu avec pour principaux thèmes l'eau et la femme.
Mais
une nouvelle vague plus urbaine et graphique est en train de naître avec Soly Cissé, Modou Dieng ou Ndary Lo.
Le Sénégal est favorable au développement de ces arts et au travers du « Festival de Dak'art », du « festival des arts nègres », de l'école des Beaux-arts, de la « Galerie Nationale », en plein centre de Dakar ou du « Village des Arts », il essaie de promouvoir une activité qui, faute de moyens, a bien du mal à se faire reconnaître dans son pays.
LE STYLISME
Il existe un réseau de couture d'inspiration africaine. Vêtements de collection pour grandes occasions présentés au travers de défilés à Dakar et partout en Afrique. Réservé plus particulièrement aux personnes les plus fortunées.
Les Stylistes les plus réputées sont Claire Kane, Diouma Dieng Diakathe, Atiss ou encore Oumou Sy . Cette dernière jouit d'une renommée internationale dans le milieu et organise la SIMOD (Semaine Internationale de La Mode de Dakar), un événement qui se déroule entre avril et juin à Dakar et qui réunit chaque année des stylistes de tous les pays et continents.
LE THEATRE
Au Sénégal, le théatre s'est développé dans les campagnes sous des formes différentes :
les « kassak » qui sont des chants d'initiation, les « taasu », des chants d'éloge ou de critique, le « ndeup » qui représente plus une cérémonie ou un rituel sous forme de spectacle et le « guew » qui se rapproche nettement plus du théâtre que nous connaissons et qui fait en sorte de faire du spectateur un acteur de la pièce.
Le Sénégal possède un théatre national de plus de 1000 places : le « Théatre Daniel Sorano » à Dakar. Très moderne, il a été créé en 1966 pour le premier festival mondial des arts nègres et accueille actuellement 3 troupes différentes : l'ensemble lyrique traditionnel, l'ensemble national de ballet « la linguère » pour le côté chorégraphique et la troupe nationale dramatique.
Le théatre est actuellement dans une situation difficile. Quelques troupes comme « les Gueules tapées », « Zenith'art », « les 7 Kouss », « la Compagnie de la rue Papa Messa Gueye », ou « la Compagnie Bou-Saana » essayent de survivre mais le manque de moyens financiers et la répétition des programmations restent un problème pour son développement.
LE CINEMA
On peut considérer que
le cinéma post-colonial est lancé au Sénégal et dans toute l'Afrique en 1955 avec « Afrique sur scène » réalisé par Paulin Soumanou Vieyra et Mamadou Sarr, puis en 1957 avec « un homme, une vie, un idéal ».
Blaise Senghor réalise ensuite « Grand magal à touba » en 1960 et qui sera récompensé d'un ours d'argent à Berlin.
Il fondera par la suite l'UCINA, l'Union Cinématographique Africaine et oeuvrera pour la promotion du septième art en Afrique.
La révélation du cinéma sénégalais vient avec Ousmane Sembene et la première vague de cinéastes tels que Momar Thiam ou Ababacar Samb.
Sembene se révèle avec « Borom Saret » en 1962, un court métrage qui décrit la misère de l'après indépendance. Il réalisera ensuite le premier long métrage Africain : « La noire de... » sur la période post-coloniale, un film qui va révéler le cinéma Africain au monde entier. Selon les spécialistes, il va marquer cette époque de son empreinte par « une vision progressiste et populaire du cinéma et son attachement à revaloriser la culture Africaine dans ses oeuvres » .
Il réalisera par la suite des productions comme « Mandabi » en 1968, « Emitaï » en 1971 ou encore « Faat Kiné » en 2000 pour son dernier film. En plus des nombreuses récompenses qu'il recevra, il sera notamment désigné comme membre du Jury du Festival de Cannes en 1967.
Dans les années 70, d'autres réalisateurs tentent de relancer la production sénégalaise au travers de nombreux documentaires ayant pour sujet principal la satire sociale et politique.
On peut ainsi citer,
Mahama Johnson Traore avec notamment « N'Djiangane » en 1975 qui va surtout présenter une certaine critique de la société,
Djibril Diop Membety qui va introduire un nouveau style, mélangeant habilement la comédie, l'émotion ou la critique et faisant découvrir le Sénégal au monde entier sous un oeil différent avec des films comme « Touki Bouki » en 1972 ou le fabuleux « Hyènes » en 1992.
Safi Faye sera la première réalisatrice africaine. Elle réalisera surtout des courts métrages («La passante», «Lettre paysanne », «Fadjal») au caractère résolument féministe, mais aussi, plus récemment, « Mossane » en 1996.
Actuellement le cinéma sénégalais est en crise. Plusieurs facteurs sont en cause dont le manque de formation et de structures de production ( seule celle de Moctar Bâ est significative à l'heure actuelle), la fermeture progressive de toutes les salles de diffusion et le manque de moyens financiers pour relancer l'industrie cinématographique. Néanmoins quelques artistes émergent : Mansour Wade, Moussa Touré, Moussa Sène. Mais rien de vraiment marquant pour le moment.
LE SPORT
La lutte traditionnelle.
Sport national au Sénégal, au départ, la lutte était un sport pratiqué après une bonne récolte ou une bonne pêche pour fêter l'évènement et mesurer les prouesses des guerriers de la région ou du village.
Bien qu'elle soit beaucoup plus professionnalisée aujourd'hui avec des écuries qui entraînent leurs champions à un niveau international grâce à des investissements importants, la lutte garde toujours un certain côté culturel au Sénégal. Chants, percussions et danses sont organisées lors des combats. C'est aussi un moment de fête.
Ce sport très apprécié par les Sénégalais se pratique dans des arènes de sable fin et chaque région possède son propre style de lutte, ses propres règles et sa propre manière d'animer cet évènement.
Le football
Comme partout en Afrique, le football revêt une importance grandissante pour la population sénégalaise. Pour sa première qualification à la coupe du monde en 2002, l'équipe des Lions de la Teranga, surnom de l'équipe du Sénégal, a atteint les quarts de finale de la compétition avec dans ses rangs des joueurs reconnus au niveau international et jouant dans les plus grands clubs européens. El Hadji Diouf est notamment passé par Liverpool, Lens et Bolton, Habib Beye est à l'Olympique de Marseille, Pape Bouba Diop joue à Fulham ou encore Lamine Diatta toujours en poste à Lyon.
Le peuple sénégalais a soutenu son équipe jusqu'aux derniers instants arborant fièrement drapeaux, casquettes, bijoux et étendards, au Sénégal comme en France où la communauté sénégalaise est très importante.
Le basketball
Moins important que le football,
le basketball reste quand même ici une institution et compte aussi de nombreux fans. L'équipe nationale a d'ailleurs un très bon niveau puisqu'elle vient de remporter la médaille d'argent lors de la dernière Coupe d'Afrique des Nations à Alger (grâce notamment à Boniface Ndong, élu Meilleur joueur du tournoi) et qu'elle a obtenu sa qualification pour la coupe du monde de basket de 2006 où elle n'a pas beaucoup brillée. Son palmarès est éloquent aussi bien chez les hommes que chez les femmes :
plusieurs fois champions d'Afrique et détenteur de nombreux trophées. Nombreuses participations aux jeux olympiques et coupes du monde. En club également ils ne sont pas en reste.
Le Rallye Paris Dakar
Il est mondialement connu et se déroule au mois de janvier. Parti de l'Europe, il traverse le continent africain pour se finir à Dakar. De plus en plus d'équipes sénégalaises s'enrôlent viennent grossir tous les ans les rangs des participants. Thierry Delavergne, un français de l'écurie Nissan est devenu un enfant du pays et coure dorénavant sous les couleurs sénégalaises.