Guide voyage Cap Vert

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Population et langues
La Population

Le peuplement de l'archipel du Cap Vert commence tardivement, vers la fin du XVe siècle. Les premiers arrivés, selon la version officielle de l'histoire du Cap Vert, sont les colons portugais, suivis des esclaves venus des côtes ouest africaines principalement. Peupler ces îles n'a jamais été une grande préoccupation pour les Portugais contrairement aux autres îles de la Macaronésie, Açores et Madère, et ce pour des raisons économiques et climatiques :
- L'économie du Portugal n'était pas florissante et ne permettait pas de favoriser le Cap Vert.
- Un climat tropical rude aux conséquences meurtrières constituait un énorme frein à l'exode vers l'archipel.

Seuls quelques célibataires, des prostituées et des condamnés portugais s'aventuraient -forcés pour certains- dans ce long voyage.

Une nouvelle population métisse fait son apparition, conséquence des abus et viols des colons portugais envers les femmes esclaves. Au fil des siècles, les mulâtres vont devenir plus nombreux que les Blancs et les Noirs. Ce métissage va se diversifier au fil des années avec l'arrivée des Anglais, venus créer le port de Mindelo qui devait leur faciliter le commerce du charbon, mais aussi de quelques Indiens de Goa, colonie portugaise également, de Français et de Chinois, éternels commerçants itinérants. Le port de Mindelo va permettre une entrée de marins, issus des quatre coins de la planète qui laisseront de nombreux rejetons sur place. Le métissage au Cap Vert a donné lieux à des cocktails assez étonnants et surtout d'une extraordinaire beauté.
Au niveau des types, on remarque des spécificités différentes suivant les îles, conséquence des mélanges qui s'y sont produits suivant l'origine des étrangers qui s'y installèrent
A Fogo et Brava, par exemple, il y a eu moins d'esclaves que partout ailleurs et de ce fait, les gens y sont beaucoup plus clairs de peau. De plus, au XIXe siècle, un Français, le comte de Montrond, voulant éviter les geôles françaises suite à un duel qu'il remporta, l'obligeant à tuer son adversaire, s'installe à Fogo. Véritable Don Juan, il eut une pléiade d'enfants de mères différentes. On peux observer encore aujourd'hui, la présence de ses nombreux descendants qui portent tous son nom. A eux seuls, les Montrond peuplent le village de Chã di Caldeira, aux pieds du volcan.
Sur Santiago, c'est la population de race noire qui est dominante, ce qui se comprend car c'est ici qu'a débuté l'histoire du Cap Vert. L'île abrita de nombreux esclaves qui se marièrent entre eux, évitant de se mélanger et cherchant à conserver et perpétuer quelques traditions ramenées du continent africain.

Tableau de la Superficie et de la population Capverdienne
	        	     
SANTIAGO......Superficie 991 km²........Pop: 266.161 hab
SAO VICENTE...Superficie 227 km²........Pop: 74.136 hab
SANTO ANTAO...Superficie 779 km²........Pop: 47.124 hab
SAO NICOLAU...Superficie 388 km²........Pop: 13.536 hab
FOGO..........Superficie 476 km²........Pop: 37.409 hab
SAL...........Superficie 216 km²........Pop: 14.792 hab
BOAVISTA......Superficie 620 km²........Pop: 4.193 hab
MAIO..........Superficie 269 km²........Pop: 6.742 hab
BRAVA.........Superficie 67 km²........Pop: 6.820 hab
SANTA LUZIA...Superficie 35 km²........Pop: 0 hab

Les Langues

Un problème de communication s'est posé dès l'origine de l'histoire du Cap Vertavec la cohabitation entre les colons portugais et les esclaves africains. Une langue, le Portugais, et quelques dialectes africains, dont le Mandingue, mixés dans l'archipel, donneront naissance au 'Kriolu'(créole en français).
Le Portugais est dominant dans ce patois, mais les tournures de phrases et la locution dépendent de l'origine des esclaves. Doucement mais sûrement, le Kriolu s'installe et devient la langue locale parlée par tous. C'est une langue récente, formée il y a cinq siècles environ, et scindée en plusieurs subdivisions dialectales, avec une expression locale propre suivant les îles. On distingue deux principales variétés dialectales : le Kriolu de Santiago que l'on retrouve aussi sur Maio, Fogo et Brava,et le Kriolu de São Vicente parlé aussi à Santo Antão, Sal, et Boa Vista.
Le créole de Santiago est celui qui a le plus subi l'influence des dialectes africains du fait que l'histoire du Cap Vert est née ici, et que les esclaves qui arrivaient d'Afrique, vivaient sur cette île.
Cette scission dialectale ne favorise pas une standardisation du créole parlé, encore moins d'un système d'écriture. Les tentatives d'uniformisation et d'officialisation du Kriolu ont échouées car les populations des autres îles ont toujours eut peur de perdre à tout jamais leur patois, au profit de celui de Santiago. Connaissant la rivalité qui existe, à tous les niveaux, entre Sao Vicente et Santiago, on comprend un peu mieux cette opposition, cette méfiance, envers les Badius (les gens originaires de Santiago).
Le Kriolu s'exporte bien et se retrouve parlé dans plusieurs pays où réside une communauté capverdienne importante. C'est le cas aux États-Unis où vivent environ plus de 500.000 Capverdiens, si l'on compte les nouvelles générations, en Guinée-Bissau et au Portugal qui abritent plus de 100 000 Kriolus chacun, au Sénégal, en France et aux Pays-Bas avec plus de 50 000 capverdiens par pays, en Angola, mais aussi au Mozambique et à Sao Tomé.

Le Portugais, langue officielle au Cap Vert, n'est parlé que par une partie de la population. Il a du mal à s'imposer sur l'ensemble du territoire. Cela a généré une politique linguistique plutôt ambiguë envers ces deux langues qui cohabitent, Portugais et Créole, cette dernière étant la langue maternelle des Capverdiens.
La Constitution du Cap Vert précise que le Portugais est la langue officielle, tout en admettant deux langues officielles. Elle déclare que 'tous les citoyens nationaux ont le devoir de connaître les langues officielles et le droit de les utiliser'. Cela explique donc que le pays se dote de deux langues officielles. Néanmoins, les Capverdiens, pressés de voir leur langue maternelle supplanter le Portugais, restent sceptiques quand à l'avènement de ce moment.

Au niveau de l'enseignement scolaire, la langue utilisée est le Portugais mais les enseignements ont recours au Créole comme soutient à un éventuel problème de compréhension du Portugais par les élèves. Des cours de Créole sont aussi assurés sur un plan culturel.

Les médias écrits utilisent le Portugais mais les radios ont plus recours au Créole. Au niveau orthographique, le Cap Vert, comme la plupart des autres pays lusophones, se trouve pris dans l'étau du conflit entre le Portugais du Portugal et celui du Brésil- ce dernier étant nettement préféré dans l'archipel.

La langue française arrive en troisième position au Cap vert devant l'Anglais. Elle est enseignée à l'école dès le primaire, et est obligatoire dans le secondaire. La présence du centre culturel et de l'Alliance Française dans l'archipel laisse prévoir un bel avenir à la langue de Molière dans ces îles de l'Atlantique. De plus, la collaboration entre la France et le Cap Vert est très importante.

Au niveau international, les Capverdiens utilisent plutôt le Français que l'Anglais, langue véhiculaire des diplomates étrangers accrédités au Cap-Vert.
Cela semble gêner considérablement les Portugais qui espèrent- mais c'est un peu tard aujourd'hui- barrer le chemin à la francophonie dont fait partie le Cap Vert depuis 1993. Il a aussi adhéré à l'Agence intergouvernementale de la Francophonie en décembre 1996.







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