Guide voyage Madagascar

imprimer la page

Histoire   |   Economie et politique   |   Géographie   |   Faune

Histoire
Les origines

L'histoire de Madagascar prend forme dans les origines de son peuplement métissé et complexe. Les premiers malgaches seraient issus de la population malayo-indonésienne et africaine. Ils se sont répartis en nombreux royaumes sur l'ensemble de l'île dont l'implantation est encore quasiment identique aujourd'hui. On trouve dans la culture malgache contemporaine de nombreux symboles de ces différentes influences: le tambour, le tissage, la circoncision ou l'importance du zébu marque la tradition africaine alors que les pirogues à balancier, les rizières, les nombreux tombeaux ou le valiha sont issus de l'immigration asiatique. Le commerce effectué avec le peuple arabe durant des dizaines d'années a laissé des marques, au niveau religieux essentiellement : on retrouve de nombreux monuments islamiques dans toute l'île.

La colonisation européenne

L'arrivée des européens à Madagascar date du début du 16ème siècle. C'est en 1500, que le portugais Diego Diaz débarqua dans le nord de la grande île. Il lui donna le nom de Saint Laurent, saint du jour de son arrivée, c'est à dire le 10 août. Six ans plus tard, un autre portugais débarqua au Nord de l'île, Fernan Suarez. C'est en associant leur deux noms qu'ils baptisèrent la ville par laquelle ils étaient arrivés : Diego Suarez. Après eux et compte tenu de sa situation géographique stratégique, de nombreux autres européens arrivèrent sur la grande île. Cependant, seuls les français ont réussi à s'y établir. En effet, les hollandais après quelques années de commerce sur l'île décidèrent de s'implanter ailleurs, au Cap notamment, puis de même les anglais ne restèrent que brièvement sur Nosy Be ou Fort Dauphin avant de quitter l'île pour cause de mauvais rapports avec les autochtones.
C'est donc à la fin du 17ème siècle, que les français réussirent enfin à s'intégrer et colonisèrent l'île quelques années plus tard. En 1642, un commis de la Compagnie française de l'Orient, Jacques de Pronis s'installa dans le sud de l'île dans le but de prendre possession de l'île. La ville de Fort Dauphin fût fondée en 1643 sous l'ordre du Cardinal Richelieu le fondateur de La Compagnie Française. En 1649, l'arrivée d'Etienne de Flacourt, envoyé pour rétablir l'ordre sur la grande île, bouleversa le cours des évènements. Il renvoya Jacques de Pronis, peu apprécié des autochtones et fut nommé « commandant général de la grande île ». Sa curiosité et son intérêt pour l'île l'amenèrent à organiser de nombreuses expéditions dans toute l'île qui furent d'un grand enseignement dans de nombreux domaines. Les informations historiques récoltées furent regroupées dans un livre, qui fait référence encore aujourd'hui.
Après le départ d'Etienne de Flacourt en 1655, les différentes tentatives d'établissement furent des échecs et le projet de colonisation prit fin vers 1674, après le massacre de la garnison de Fort-Dauphin par les populations locales. Les colons s'intéressèrent alors de plus près à la Réunion appelée à l'époque « île Bourbon ». Ayant introduit la culture du café sur l'île, les colons eurent rapidement besoin de main d'oeuvre et de vivres. C'est alors qu'ils se tournèrent de nouveau vers Madagascar toute proche. La colonisation reprit en 1973 après le Traité de Paris.

L'EMERGENCE DES ROYAUMES

Parallèlement à l'implantation française à Madagascar, des royaumes émergent occupés par des peuples et aux activités très distinctes. Ainsi, l'Est devient le pays des Betsimisakara dont le fondateur est le fils d'un pirate anglais White, Ratsimilaho. Le Sud est peuplé par les Betsileo alors qu'à l'Ouest les Sakalava occupent les royaumes du Menabe fondés par Andriandahifotsy et le Boina, d'Andriamandisoarivo. Ce peuple très puissant instaura un véritable empire durant le 17ème siècle. Leur pouvoir fut soumis à l'opposition du peuple des Hautes Terres, les Merina. Ce peuple, très conquérant ayant pour capitale Antananarivo, fut à l'origine de l'unification du pays.
En effet, le chef du royaume Merina, Andrianampoinimerina, ayant pour devise « la mer sera la limite de mes rizières » réussit à réunir de nombreux petits royaumes des hautes terres et à instaurer une administration locale.
C'est par la suite que son fils, Radama 1er, lui succéda et perpétua son désir de conquêtes. Bénéficiant du soutien des anglais qui appuyèrent les efforts d'unification engagés, il étendit sa domination sur une grande partie de l'île. Il devint Roi de Madagascar en 1817.

Lui succéda ensuite sa veuve, Ranavalona 1ère en 1828 qui mit fin à de nombreuses réformes entreprises par son mari et finit par expulser tous les européens de la grande île. Puis en 1861, Radama II fils de Ranavalona, prit la succession. Il ouvrit de nouveau l'île aux puissances européennes et donna de nombreux pouvoirs à des hommes d'affaire français notamment. Mais craignant une mainmise européenne sur l'île, l'oligarchie malgache fit égorger le roi.
Le chef de l'armée Rainnilaiarivony, devint alors premier ministre l'année suivante et exerça un vrai pouvoir. Son règne de plus d'une trentaine d'années vit revenir sur l'île les missionnaires catholiques et se multiplier les écoles.

UNE INDEPENDANCE PROGRESSIVE

Durant une dizaine d'années, de nombreux conflits éclatèrent entre la France et Madagascar. En 1895, l'île devient officiellement sous protectorat français. La monarchie perd alors tout son pouvoir. En 1896, l'île devient une colonie française. En 1897, la royauté est abolie. La dernière souveraine malgache est exilée à la Réunion. Les Malgaches n'ont alors aucun droit politique.
En 1896, le Général français Galliéni est envoyé sur l'île afin de permettre l'organisation politique et administrative. Il procéda à de nombreux changements importants tels que l'abolition de l'oligarchie locale, le développement des axes de communication ou l'élimination de la concurrence étrangère.
La pacification française va durer une vingtaine d'années mais va progressivement voir apparaître des mouvements nationalistes.
En 1945, le mouvement démocratique de la rénovation malgache (MDRN) est créé.
En 1947, une insurrection violente éclate. Elle fera plus de 100 000 morts.
En 1958, le République Malgache est proclamée.

Le 26 juin 1960,l'île devient indépendante. Philibert Tsiranana devient le premier président de la république Malagasy. Son règne durera 12 ans. Le malgache et le français deviennent les deux langues officielles.

Ses successeurs seront :
Gabriel Ramanantsoa 1972 - 1975 : Il aura comme grande ligne la malgachisation de l'enseignement ainsi que la nationalisation des compagnies françaises.
Richard Ratsimandrava : assassiné 6 jours après son élection en février 1975.
Gilles Andriamahazo : février à juin 1975
Didier Ratsiraka 1975 - 1992 : début de la 2ème république
Albert Zafy 1992 - 1996 : 3ème république
Didier Ratsiraka : 1997 - 2002

La grave crise politique de 2002

Réélu de justesse en 1997, Didier Ratsiraka revient au pouvoir avec la volonté de rétablir une économie stable et assurer le développement du pays. Fervent défenseur de l'économie de marché, il va faciliter le retour des investissements étrangers, favoriser un nouveau code des investissements et attirer peu à peu des investisseurs entrepreneurs, notamment dans le tourisme. Toutefois, cette période prospère qui verra même la croissance atteindre une progression de 6% annuelle, va être de courte durée. A la veille des élections de 2001, alors que le climat social commence à être tendu en raison des difficultés de la vie quotidienne, et que les rumeurs courent autour des pratiques de Ratsiraka, sa réélection s'avère de moins en moins certaine. Marc Ravalomanana devient alors un candidat sérieux et dangereux: sa bonne image, ses ambitions redonnent espoir au peuple malgache.
Ainsi, après un premier tour mouvementé en février 2001 et des résultats donnant Ravalomanana gagnant, son adversaire crie à la fraude. Après de nouveaux calculs, Ratsiraka est vu gagnant et se déclare donc nouveau président de la république malgache. Ravalomanana n'accepte pas cette décision qui n'est pas approuvée par la Haute Cour Constitutionnelle. Le climat devient alors extrêmement tendu.
Un deuxième tour est finalement organisé pour février 2002. Face à cette situation, Marc Ravalomanana est alors soutenu par des milliers voir des millions de malgaches qui organisent la résistance à l'ancien président : écoles et administrations fermées, grève générale, c'est tout le pays qui se retrouve alors perturbé politiquement et économiquement. Le pouvoir se retrouve rapidement dépassé par ces évènements.
Cette crise politique s'achèvera au moment après de nombreux conflits entre les deux candidats et après de long mois durant lesquels toutes les tentatives de médiation échouèrent, Ravalomanana accède au pouvoir. La nouvelle Haute Cour Institutionnelle affirme finalement qu'il a remporté l'élection au premier tour.
Le nouveau président aura aujourd'hui comme lourde mission de faire sortir la grande île de la crise économique dans laquelle elle s'est enfoncée et de restaurer un climat politique stable et démocratique.







© 2008 Terre Autentik - Tous droits réservés - Crédits photos / Remerciements - Partenaire de Idiz-Studio