Guide voyage Seychelles

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Histoire
Fragments de terre issus de la séparation de l'Afrique et de l'Inde lors de la dérive des continents il y a près de 250 millions d'années, alors que les mammifères n'étaient pas encore apparus sur Terre, les îles qui constituent aujourd'hui l'archipel des Seychelles restèrent longtemps inhabitées.
Les navigateurs arabes auraient été les premiers à les découvrir au cours du XIIème siècle ap. J.-C. Au XVIe siècle, les marins portugais, lors de leurs nombreuses expéditions pour rejoindre les Indes, les auraient eux aussi aperçues au loin, sans pour autant s'y arrêter. Vasco de Gama, alors Amiral de la marine portugaise, nomma d'après son titre un petit groupement d'îlots connus aujourd'hui sous le nom « Amirantes » ; un autre marin portugais, Joao de Nova, donna son nom aux actuelles îles Farquhar. Les cartographes portugais mentionnèrent aussi à cette époque sur leurs cartes une grande île, Ilha Ganaa, qu'il est possible de rapprocher de Mahé.
Les britanniques s'y arrêtèrent en 1609 sur la route des Indes. Ils soulignent alors la richesse de vivres qu'offrent ces îles : bois, eau, noix de coco, poissons. Les marins européens vont désormais profiter là d'un port de mouillage idéal lors de leur traversée des océans pour commercer avec l'Inde. Ce seront cependant les français qui décideront les premiers de s'installer sur certaines des îles de l'Archipel à partir du début du XVIIe siècle.

Tout commence avec le gouverneur Bertrand François Mahé de La Bourdonnais, administrateur de l'Île de France (actuelle île Maurice) et de l'Île Bourbon (La Réunion). En 1742, La Bourdonnais ordonne au capitaine Lazare Picault d'effectuer une mission de reconnaissance des archipels et îles situés entre l'Île de France et l'Inde. Cette année-là, deux navires, le Charles et l'Elizabeth, jettent l'ancre sur la côte sud-ouest de ce qui va s'appeler dès leur retour Mahé, en l'honneur du gouverneur. Plusieurs expéditions mèneront à nouveau les Français sur ces terres émergées de l'océan indien au cours des décennies qui suivirent ; ils découvriront de nouvelles îles qu'ils nomment Isle de Palme (devenue Praslin en 1768), Sainte Anne (car découverte le jour de la Ste Anne), Aride, Cousin, Cousine, La Digue, Félicité, Marianne, Ronde. Ils déposent une Pierre de Possession à Mahé et nomment ces îles « Séchelles » en l'honneur du Contrôleur Général des Finances de France. Ces premières années d'expédition mettent en évidence l'emplacement stratégique qu'occupe l'archipel ainsi que les possibilités de cultures sur ces terres. Mais ce fut réellement en 1770 que commença la colonisation de l'archipel.

Sous le commandement du major Delaunay, le Télémaque accoste sur les rivages de l'île Ste Anne le 27 août 1770. A son bord, une poignée de français et leurs esclaves ayant pour objectif d'exploiter les ressources en bois et tortues et d'établir une base de ravitaillement pour faciliter le trafic d'esclaves entre l'Afrique et l'île de France. Parallèlement à cette colonie financée par Henri François Charles Brayer du Barre, Pierre Poivre envoya deux hommes, Antoine Nicolas Benoît Gillot et Pierre Hangard, avec l'intention de développer la culture d'épices. Les relations entre les hommes de Poivre et Delaunay furent, dès le départ, chaotiques. La colonie de Delaunay est en piteux état à l'arrivée de Gillot et Hangard et le rapport qu'ils en font provoque le rapatriement d'une grande partie des colons. Au final, les deux projets, que ce soit la colonie de du Barre ou la culture d'épices initiée par Poivre, se soldèrent par un échec. Seul Hangard réussit à prospérer et devint le premier vrai colon des Seychelles, vivant et travaillant sur les îles plus longtemps que personne à l'époque. Une grande partie des colons trouvèrent de quoi vivre et faire fortune dans les exceptionnelles ressources en bois et la présence des tortues qui pouvaient notamment être gardée en vie dans les cales des bateaux jusqu'à ce qu'elles soient vendues ou dégustées par les marins.

La Révolution Française fit entendre son écho jusque dans les îles lointaines de l'océan indien. Les Seychelles adoptèrent rapidement les théories révolutionnaires, créant en 1790 une assemblée et un comité pour administrer l'île après s'être proclamé indépendant. Mais ces remaniements ne durent pas et bientôt tous les pouvoirs du comité sont remis à nouveau à une seule personne : Jean-Baptiste Quéau de Quinssy. Contrairement à nombre d'anciens administrateurs des Seychelles, la nomination de De Quinssy fut approuvée par une grande majorité des colons. De Quinssy permit notamment aux Seychelles, dans un climat tumultueux dû aux campagnes Napoléoniennes, de ne pas souffrir des agressions ennemies. De Quinssy prit en effet la décision dès les premiers signes de tensions de négocier et réaffirmer la capitulation de l'archipel à chaque passage d'un navire britannique, tout en hissant tour à tour les drapeaux français et anglais selon l'appartenance des navires à l'approche. Il évita ainsi aux Seychelles de faire face aux pillages et agressions que subirent d'autres colonies.

Les îles de l'océan indien étant des points stratégiques pour les navires de la Compagnie des Indes, les Britanniques prirent le contrôle de l'île de France en 1810 qu'ils nommèrent île Maurice (Mauritius). Dépendant de l'île Maurice, les Seychelles deviendront ainsi une colonie britannique en 1814 avec le Traité de Paris. De Quinssy resta en poste, sous le regard sceptique du lieutenant Sullivan, dont le manque d'autorité conduit à la démission peu de temps après.

Les agents britanniques qui vont se succéder en poste aux Seychelles vont avoir la difficile tâche de mettre un terme à l'esclavage qui sera finalement aboli dans l'archipel en 1835. Mécontents, les grands propriétaires terriens (les « grands blancs ») vont faire pression sur l'agent civil Mylius en poste à cette date pour qu'il instaure un impôt forçant ainsi la population des affranchis à continuer de travailler pour eux.

La fin du XIXè est tristement marquée par une série de catastrophes. En octobre 1862, alors que l'île est normalement épargnée par les risques climatiques, un ouragan accompagné de pluies torrentielles s'abat sur Mahé, dévastant sur son passage la capitale et faisant 75 morts. En 1883, une épidémie de variole sera déclenchée par un malade Seychellois débarquant d'un navire en provenance de Zanzibar. Les médecins ne comprenant que trop tard qu'il s'agit de la variole, la maladie va se répandre. Des centaines de personnes mourront, des milliers en garderont à vie les séquelles. Mahé, mise en quarantaine, sera privée de tout approvisionnement en provenance de l'île Maurice pendant près de 2 ans. Par ailleurs, en juin de cette année-là, l'entrée en activité d'un volcan situé pourtant à 1800 km de l'archipel provoquera un gigantesque raz de marée qui frappera les îles.

Les Seychelles deviennent Colonie de la Couronne en 1903, et ne dépendent alors plus de l'île Maurice. Malgré une majorité de Créoles, le pouvoir appartient aux « grands blancs » et s'exerce depuis Londres. Le nouveau gouverneur britannique, Sweet-Escott, fait ériger la Tour de l'Horloge à Victoria, signe de l'autorité britannique et hommage à la reine défunte. Il essaiera aussi de donner un caractère plus britannique à l'archipel, mais dans les racines de îles s'est implantée une culture résolument française, au grand désarroi des colons d'outre-manche.

Les Seychelles connaissent un début de siècle difficile, encore affaiblies par les malheurs s'étant abattus sur l'archipel au cours des décennies précédentes, mais surtout subissant les revers d'une mauvaise récolte de vanille et l'écho de l'effondrement du marché mondial. La Première Guerre Mondiale ne fera qu'aggraver la situation. L'économie seychelloise étant essentiellement basée sur l'exportation et les liens commerciaux avec l'Europe étant coupés pendant la guerre, l'archipel doit faire face à une forte croissance du chômage et de la pauvreté. Les promesses de richesses qu'aurait pu envoyer le contingent d'ouvriers partis au combat en Afrique s'évanouiront tandis que les hommes meurent sur le front de maladies tropicales inconnues aux Seychelles. La situation de la colonie se dégrade, la criminalité augmente. L'entre-deux guerres permettra de renouer avec la prospérité notamment grâce au redémarrage rapide des exportations de coprah, la distillation des huiles essentielles et les ressources en guano. Les avancées technologiques font leur apparition dans l'archipel avec l'arrivée du téléphone, de l'électricité puis de l'automobile en 1926. Malheureusement, la crise mondiale de 1929 n'épargnera pas le pays qui verra ses exportations chuter à nouveau. Grâce au Fond de développement colonial et à l'ouverture d'une banque agricole l'économie repartira lentement à partir de 1936.

Au cours de la Deuxième Guerre Mondiale, des centaines d'hommes partiront pour l'Afrique, se battant contre les troupes de Rommel à El-Alamein ainsi qu'en Libye, en Tunisie et en Italie. Les îles verront l'entrée en vigueur du rationnement en 1942.
Avant même la fin de la guerre, les Britanniques vont initier une vague de réformes au sein de la colonie, notamment en matière d'éducation, de santé, et d'équipements, domaines marqués par la mise en oeuvre du Colonial Development Welfare Act (loi pour le développement colonial et le bien-être) en 1944. D'autres programmes similaires soutenant cet effort vont se succéder au cours des années qui suivront la fin de la guerre. L'économie seychelloise se porte bien, mais cela surtout grâce aux revenus des soldats encore en poste au début des années 1950. Malgré des subventions allouées à la colonie dès 1960 afin de mettre en application ces nombreuses réformes, un sentiment de mécontentement grandit parmi les Seychellois, menant progressivement le territoire sur la voie de l'indépendance.

Entre revendications sociales et désir de se libérer de l'emprise politique britannique, les Seychellois vont peu à peu s'organiser menant, au terme d'une série de conférences constitutionnelles, à la naissance, le 29 juin 1976, de la République des Seychelles. La jeune nation sera alors dirigée par un gouvernement de coalition, avec à sa tête le président de la République James Mancham et le Premier Ministre France Albert René. Mais l'entente ne dure pas et dès 1977, à la suite d'un coup d'état alors que le président se trouve en déplacement à l'étranger, Albert René prend le pouvoir. Mettant en place un régime résolument socialiste, Albert René sera élu en 1979 puis réélu en 1984, 1989, 1993, 1998 et 2001. Son âge le pousse à se retirer en 2004 et il nomme à sa succession son vice président James Michel qui gouverne jusqu'aux élections de 2006 où il verra son titre reconduit par 53,7% des suffrages.







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